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#6. Écrire sans outil.

Temps de lecture estimé : 4 min.

Nous sommes 1944.

C’est la guerre un peu partout dans le monde. Même dans les plus petites îles du Pacifique.

Ces peuples ont vu un jour débarquer des soldats, japonais et américains, avec une technologie très en avance sur la leur.

Curieux, ils les observent alors.

Ils voient des cargos remplis de bonnes choses apparaitre peu de temps après que les explorateurs aient utilisé leur radio.

Prenant ces cabines de radio pour un moyen de voir exaucer leurs prières, ils en construisent à leur tour, en bois, sans aucun fil électrique ni dispositif technologique. Puis, à l’intérieur, ils se mettent à prier pour qu’un cargo leur soit envoyé. 

Ils donnent donc à la cabine de radio un caractère magique : leurs prière sont censées leur apporter des cargos remplis de nourritures, de matériels ou autres fournitures.

Ce n’est pas fini.

Pour rendre leurs prières encore meilleures, ils imitent les insignes des militaires en les peignant sur leur corps.

En 1974, Peter Lawrence ce curieux « culte du cargo » :

« Les indigènes ne pouvaient pas imaginer le système économique qui se cachait derrière la routine bureaucratique et les étalages des magasins, rien ne laissait croire que les Blancs fabriquaient eux-mêmes leurs marchandises. On ne les voyait pas travailler le métal ni faire les vêtements et les indigènes ne pouvaient pas deviner les procédés industriels permettant de fabriquer ces produits. Tout ce qu’ils voyaient, c’était l’arrivée des navires et des avions. »

Aujourd’hui, tu peux t’amuser de l’attitude de ces habitants du Pacifique : ils prient un cargo de leur amener de la nourriture. Mais, certains, sont sur le même registre dans l’écriture.

Ils prient un stylo de leur amener des mots.

#1. Les outils ne sont pas exceptionnels. C’est toi qui l’es.

Il y a un fétichisme de l’outil. On leur prête un pouvoir exceptionnel alors, qu’ils n’en ont aucun. C’est seulement si tu les utilises de manière exceptionnelle qu’ils te donneront des résultats exceptionnels.

Les outils ne le sont pas. Par nature, les outils ne sont pas exceptionnels puisque chacun peut en avoir une copie. Cependant, la même pelle ne donnera jamais les mêmes résultats entre les mains de trois différentes personnes.

En convention, quand on demande à Stephen King avec quel stylo il écrit. Il répond inlassablement :

« Avec mon cerveau ! »

Le fétichisme de l’outil, aujourd’hui, est pareil aux religions animistes ou superstitions primitives. Tu attends d’eux des miracles, alors qu’ils ne sont que des artefacts. C’est le « culte du cargo » mais, cette fois, dans le 9ième arrondissement de Paris.

Utiliser des outils par mimétisme, sans réelle réflexion sur leur bien-fondé, c’est pratiquer une sorte de pensée magique. Avoir les chaussures d’Usain Bolt, ne te fera pas courir le 100 mètres en moins de 10 sec. 

Les outils ne sont pas magiques. Tu l’es toi, ou tu ne l’es pas. Pire, plus tu valorises les outils, et moins tu te valorises toi. Ne mets donc pas ton succès entre les mains d’un outil.

#2. Les outils ne te sauveront pas.

Un stylo n’a jamais écrit tout seul. Si tu veux écrire, t’as juste besoin d’un truc qui écrit. Dire « j’ai pas d’matos ou pas d’contacts », c’est un truc de victime.

Oui, je cite encore un rappeur. Orelsan cette fois :

« Si tu veux faire des films, t’as juste besoin d’un truc qui filme. Dire “j’ai pas d’matos ou pas d’contacts”, c’est un truc de victime »

En somme, n’attends rien des outils. Ce n’est pas le distributeur qui fait de l’argent, c’est celui qui en retire. N’investis donc rien sur les outils. Du moins, au début. Investis d’abord sur toi..

Écris.

Un ami voulait se mettre à courir pour la nouvelle année. Il reportait chaque jour son intention avec pour unique excuse :

« Je n’ai pas le bon équipement »

Il avait pourtant chez lui un short et de bonnes baskets mais, il n’est jamais allé courir. Toute sa volonté reposait sur ce bon équipement. 

Or, un bon équipement ne donne pas la volonté de faire des choses. Il faut avoir la volonté en prémisse. Les outils ne t’aiment pas autant que tu les aimes. Tu n’as jamais vu un outil te tenir dans ses bras et, te faire un calin. 

Toi, par contre, il t’arrive de le faire. Avoue.

Alors, prends-toi sérieux. Si tu attends quoique ce soit des outils, ce serait mettre dans leurs bras le succès qui te reviendrait de droit.

Ne fais pas ça.

#3. Les outils, c’est un effet multiplicateur et non, un filtre instagram.

Certains voient les outils comme un filtre instagram.

Tu écris, puis tu appliques un filtre et, ce qui était mauvais et moche devient par magie, devient bon et beau.

Les outils ne marchent pas comme ça.

Un outil ne te permet pas de faire des choses qui soit bien. Il ne transforme rien de médiocre en quelque chose de fascinant. Il te permet surtout de les faire de manière rapide voire très rapide. C’est le cas de tous les outils. C’est même la définition d’un outil.

Un outil applique un coefficient multiplicateur à tout ce que tu fais. Si tu ne crées rien, il ne créera rien pour toi. Et zéro multiplié par un million donnera toujours zéro.

Pour cela, tes meilleurs outils au début sont : 

  • Une pièce close,
  • Un stylo.

C’est tout. Le reste est superflu.

Après, quand ton écriture se développera, d’autres outils te seront nécessaires.  J’y reviendrai.

En effet, j’ai beau dire que les chaussures d’Usain Bolt n’y sont pour rien dans sa vitesse, il ne court pas non plus en claquette.


Alors, t’as choisi quel stylo plume ? 😛

Le moment pub : j’ai une formation à l’écriture addictive ou comment rendre et se rendre addict à l’écriture ICI. Jette un oeil, ça pourrait te plaire.

En attendant, garde la pêche 🙂 

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