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#2. Écrire sans motivation.

Temps de lecture estimé : 7 min.

Écrire c’est comme tenter de traverser la Manche à la nage.

Y a du monde au départ pour t’encourager. Y a du monde à l’arrivée pour te féliciter.

Entre les deux, tu seras seul.

Et, je ne vais pas te mentir : écrire, c’est frustrant. Alors, un conseil :

#1. Ne te prive pas du bonheur du travail accompli.

Attention ! je vais te révéler tout le processus psychologique de l’écriture en 15 secondes.

Prêt-e ?

Alors, déjà t’as une idée. Elle est géniale. Forcément, sinon tu ne l’aurais pas eu. Elle te touche au coeur et, dans le moment, tu te sens comme Cyrano de Bergerac :

« J’ai dix cœurs ; j’ai vingt bras ; il ne peut me suffire
De pourfendre des nains …
… Il me faut des Géants ! » 

Après, quand il faut concrétiser et la mettre à l’écrit, ça te fatigue. La flemme succède à l’euphorie.

Mais …

Tu tiens vraiment à ton idée, et tu passes au travail tout de même. À mesure de tes progrès et de ton avancement, l’enthousiasme revient goutte à goutte.

Mais …

Il n’atteindra jamais l’intensité du moment « Eureka » de l’idée. Ceci dit, il sera plus diffus. On appelle ça : le sentiment du travail accompli.

Enfin, tu passeras cette idée derrière toi. Là, tout reviendra à la normale.

Voilà, là, tu as tout le processus d’écriture. Et, en réalité, je viens de te décrire un battement de coeur.

Ou, plutôt, la représentation d’un battement de coeur sur un cardiogramme.

Ça monte haut. Ça descend vite. Ça grimpe à nouveau mais, moins haut. Puis, cela revient à la normale.

Ça doit être ça quand on parle d’une passion. Du coup, tu as la passion de l’écriture quand tu respectes ce processus.

Alors, il se passe quoi avec les autres ?

Rien de plus simple.

Ils se privent du bonheur du travail accompli.

En effet, quand tu abandonnes avant d’avoir fini, tu passes directement de « ça descend vite » à « ça revient à la normale ». Autrement dit, tu rates un moment euphorisant : celui du travail accompli.

Pourquoi diable faire ça ? Pourquoi renoncer à ce bonheur du travail accompli ?

Ne cède donc pas à la tentation de te refuser un bonheur.

2. Chaque mot écrit est une célébration.

Un mot.
Puis un autre.
Encore un autre.

Une phrase.
Puis une autre.
Encore une autre.

Un paragraphe.
Puis un autre.
Encore un autre.

Enfin, une page.
Puis une autre.

Voilà comment s’écrit un livre, un article ou quoique ce soit avec des mots. Cela débute toujours par un premier mot. Et, avant de faire un TOUT extraordinaire, ça commence par une accumulation de mots ordinaires.

C’est une suite ininterrompue de mots ordinaires
qui donne une histoire extraordinaire.

Du coup, continue d’écrire. Arrive à la fin. Ne te permet pas d’abandonner. Tu dois terminer ce que tu écris. Mais quelque soit le résultat, même un désordre chaotique, à la fin, tu dois célébrer.

D’ailleurs, tu ne devrais pas attendre la fin. Chaque mot doit être célébré puisque chaque mot te rapproche de la fin. La raison à ta démotivation est parfois à ce juste point : 

Tu ne te célèbres pas assez.

Prend le temps de te célébrer. Même quand tu es au milieu de l’océan.

Écrire, c’est traverser un océan à la nage. Tu te célèbres deux fois. Avant de passer à l’action et quand tu la termines. 

Avant de commencer, tu es heureux et motivé. Sinon, pourquoi tenter l’expérience ? Généralement, c’est là où il y a plein de monde sur la plage pour t’encourager.

Puis, quand tu la termines, c’est pareil. Y a plein de gens pour te féliciter et tout ça.

Par contre, quand tu es au milieu de l’océan. T’es seul. Tu traverses des tempêtes, des eaux gelées, le silence du labeur …tout seul.

Mais …aucune célébration. Y a personne pour te célébrer donc, tu dois te célébrer tout seul. Tu as le droit de te récompenser. 

Tu finis un chapitre ? Offre-toi un dîner.

Tu finis un brouillon complet ? Offre-toi un voyage.

Célèbre-toi. Célèbre chaque mot écrit car, chacun d’entre eux te rapproche de la fin. Célèbre-toi sinon, tu pourrais vouloir fuir.

#3. Pas de compromis. Même face à l’apocalypse.

Voici l’unique prouesse de celles et ceux qui écrivent : commencer à écrire et poursuivre coûte que coûte. Écrire même face à l’apocalypse.

Ici se trace la plus grande ligne de démarcation entre les gens qui écrivent et ce qui ne le font pas.

Es-tu capable de te renfermer sur toi-même, de t’isoler du monde, l’espace de quelques heures, pour écrire et seulement écrire ?

Oui ?

Alors, tu es écrivain. Il n’y a plus rien à t’apprendre. Tu es au bout du chemin.

Laisse cet article et, va écrire maintenant.

T’es toujours là ?

Bon, d’accord, j’ajoute une dernière chose.

Quand tu écris, ne fait aucun compromis. Même face à l’apocalypse.

Ta volonté n’est pas bicéphale. Soit tu veux, soit tu ne veux pas. Mais, quelque soit ton choix, il faut se préparer à NE PAS FUIR. Une manière radicale mais pas moins efficace consiste à supprimer complètement la fuite.

Cette philosophie est très documentée en science de la guerre.

Plusieurs exemples.

Le roi de Syracuse, avant d’envahir Carthage, brûla tous les bateaux de son armée afin de ne laisser le choix à ses soldats qu’entre la victoire ou la mort.

Cette stratégie fut également utilisée par Tariq ibn Ziyad. Général de l’armée omeyyade, l’un des principaux acteurs de la conquête musulmane de la péninsule Ibérique. Il donna, pour l’anecdote, son nom à Gibraltar : « Djebel Tariq » en arabe que l’on traduit par « le mont de Tariq ».

Lorsqu’il débarqua en terres ibériques, il fit couler par le fond les bateaux. Il s’adressa à son armée en lui offrant une alternative :

« Derrière, la mer et une mort assurée. Devant, la terre et une chance de vivre »

Tariq ibn Ziyad

Dernier exemple avec Sun Tzu dans son célèbre ouvrage « L’art de la guerre », en son chapitre 11, déclare :

« On jette [ses soldats] dans une situation sans issue, de sorte que, ne pouvant trouver le salut dans la fuite, il leur faut défendre chèrement leur vie. Des soldats qui n’ont d’autre alternative que la mort se battent avec la plus sauvage énergie. N’ayant plus rien à perdre, ils n’ont plus peur ; ils ne cèdent pas d’un pouce, puisqu’ils n’ont nulle part où aller. »

Sun Tzu – Chapitre 11

ou encore, 

« Quand il mène ses hommes au combat, c’est comme s’il leur retirait l’échelle sous les pieds après les avoir fait grimper en haut d’un mur. »

À ton niveau, quoique tu écrives, si tu le veux vraiment, il te faut connaître tes fuites et t’en débarrasser.

Tu écris un livre et tu te retrouves à te perdre sans raison sur Facebook ?
Supprime Facebook.

Tu veux lire davantage mais tu passes ton temps sur des séries ?
Débranche ta box internet.

Cela vaut non seulement pour l’écriture mais aussi pour tout ce que tu entreprends en vrai. Tous les jours, prépare-toi te débarrasser de tes fuites en plus d’affronter ton propre sabotage.

#4. Plus c’est dur, plus l’amour y est grand.

Si écrire te fait rêver, c’est que ce n’est pas facile d’y arriver. Sinon, tu ne le rêverais pas. Forcément, quoique tu rêves est difficile à atteindre.

Et ça, c’est bon signe.

Cela ne veut pas dire que t’es nul si tu n’y parviens pas. Ça veut surtout dire que ça vaut le coup. Ce que tu rêves vaut vraiment le coup.

Ceci dit, plus le rêve est grand et plus l’adversité est grande. L’adversité est directement proportionnelle à l’amour que tu ressens pour ton projet.

Si tu galères vraiment à écrire ou terminer ce que tu fais, la bonne nouvelle est qu’une fois toutes les adversités surmontées, l’amour y est formidable.

Là, je ne suis pas en train de te la jouer coach californien, dents blanches et peau bronzée.

Ça tient direct de la psychologie. Sans rentrer dans les détails, tu finis toujours par aimer ce dont quoi tu t’es investi de manière sincère.

Et si tu cherches une définition à la adversité, c’est l’ensemble des forces qui résistent à ta volonté. Dans l’écriture, comme dans tous les domaines, l’adversaire, c’est toi.

#5. Chaque Batman crée son Joker.

Quoique tu entreprennes, même une omelette, tu crées un adversaire métaphorique, aussi puissant que toi, pour te ramener à l’état initial. Donc, dans ta situation, t’empêcher d’écrire.

Le problème avec cet adversaire, c’est qu’il ne connaît pas la chevalerie. Le combat avec honneur et tout ça, il ne connaît pas. C’est un vicelard et des coups sous la ceinture, il en donnera. Pire, il utilisera tous les coups pour t’empêcher d’écrire.

Il va parjurer, mentir, falsifier, manipuler, séduire, intimider, cajoler.

Cet adversaire est comme l’eau, protéiforme et insaisissable. Si nécessaire, il raisonnera avec toi comme un avocat ou bien, il t’éclatera la gueule comme un blouson noir.

Cet adversaire n’a aucun code moral. Il fera tout pour obtenir ton abandon. Tu pourras négocier avec lui une trêve, et il te poignardera quand ta vigilance sera endormie.

Cet adversaire est métaphorique. Il est la métaphore de toutes les forces qui résistent à ta volonté. Forcément, le combat a lieu dans ta tête. Il est très puissant. Mais, il n’est pas invulnérable. 

Un mot après l’autre, tu l’asphyxies. Il suffit d’écrire pour s’en débarrasser.

Chaque Batman crée son Joker.

C’est à cela qu’on reconnait les méchants dans les comics. Il est le parfait opposé du héros. Il est à l’extrémité du spectre de ta volonté. Il est ton anti-volonté.

Le Joker existe pour contrarier Batman comme il y en a un pour te contrarier. Heureusement, tu es le héros de ton écriture. C’est bien connu, tous les héros gagnent à la fin.

Même s’il n’a pas de talent.


Voilà, l’excuse « MAIS je me démotive », c’est fait. Rendez-vous demain même heure.

Partage cet article à qui tu veux, c’est gratuit.

Et puis, si tu veux transformer l’écriture, j’ai pour toi la formation parfaite ICI

En attendant, garde la pêche 🙂

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