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#5. Écrire sans doute.

Temps de lecture estimé : 7 min.

T’insiste ?

T’insiste même après tout le couplet précédent sur le fait d’être nul-le en français.

D’accord.

Tu vas commencer par te rendre service :

#1. Élève tes mots, pas ton égo.

Y aucune raison sur Terre que tu sois la plus nulle voire le meilleure. En clair, tu n’es pas spécial.

En effet, sans le dire, tu attends un traitement spécial à te penser ainsi. Tu veux qu’on s’apitoie sur ton sort, qu’on se sente désolé pour toi … en définitive, tu veux de l’attention et ce, de la même manière que ceux qui se prennent pour les meilleurs. 

Maintenant, la seule chose qui te différencie des autres, c’est que tu entends ta voix intérieure et elle te dit :

T’es nul-le.

Mais, admettons ! admettons que ce soit vrai. Tu es nul-le. Du coup, cela veut dire que tu as écrit quelque chose de mauvais, non ?

Si tu sais que c’est mauvais, pourquoi l’avoir écrit de prime abord. Je ne veux dire, personne ne décide, comme ça, de faire de la merde. 

Pourquoi, toi, tu le ferais ?

Parce que tu t’es comparé-e ?

Mais à qui ?

#2. Tu es la seule norme à ton écriture.

Imagine une émission de télé de la TNT roumaine consistant à comparer la capacité à grimper aux arbres d’un singe avec un poisson.

Ce serait possible, non ?

Alors, tiens-toi bien : cette émission roumaine est en continu dans ta tête quand tu te compares à d’autres.

Ton écriture est forcément différente des autres. 

Si tu ne fais pas de vulgaire copié/collé, ton écriture est forcément authentique. T’as mis du toi dedans.

Je parle bien d’authenticité et non, d’originalité. Note-le pour plus tard.

Alors, maintenant, la seule personne à laquelle tu peux te comparer, c’est toi. Tu es la seule norme de ton écriture. Ce qui compte, ce n’est pas si t’es nul-le par rapport aux autres mais, d’être meilleur tous les jour que toi. Seul le progrès importe.

#3. Seul le progrès importe.

Les romains avaient une devise : « Excelsior » ou « plus haut ». Le progrès était leur seule préoccupation. Elle doit devenir la tienne aussi.

Il te faut devenir meilleur que le « toi » de l’année dernière, de la semaine dernière ou même d’hier. En somme, tu es ton propre adversaire. Je dis bien « adversaire » et non « ennemi ».

À un ami designer, je lui faisais le compliment :

« Je ne connais personne meilleure que toi en design »

Il me répondit :

« Si, je connais quelqu’un : Moi demain »

La mauvaise mathématique ce serait donc de te comparer à d’autres.

À ceux qui écrivent. Ceux qui écrivent mieux que toi.

Tu confonds alors le résultat avec le processus.

Il ne faut pas croire que les gens talentueux sont nés talentueux. Ils le deviennent. D’ailleurs, écrire n’est pas innée. Aucun bébé ne naît avec un stylo à la main.

Même les livres enfants sont écrits par des adultes.

Tu dois forcément passer des heures à écrire, à reprendre, à réécrire …avant de publier quoique ce soit. Et, répéter inlassablement ce processus avant d’obtenir l’excellence.

En effet, il n’y a rien que tu répètes qui ne progresse pas. Pour reprendre Aristote, tu es ce que tu fais à plusieurs reprises. L’excellence n’est donc pas un acte, mais une répétition voire une habitude.

Voici, en cadeau, une recette infaillible pour te mettre à écrire ici. Garantie sans arnaque et sans gluten. Seulement deux étapes

D’abord, range ton égo et accepte d’être mauvais au début.
Ensuite, écris. Ne t’interromps pas. Écris. Tous les jours.
Juste écris.

#4. Un FAIT imparfait vaut mieux qu’un parfait NON-FAIT.

Certains plus amoureux à l’IDÉE d’écrire plutôt qu’à ÉCRIRE. À tes yeux, soit tu écris quelque chose de parfait soit, tu n’écris pas. 

Or, tu peux le retourner dans toutes les situations, un FAIT imparfait vaudra toujours mieux qu’un PARFAIT non-fait. Autrement dit, ce que tu écris garderas toujours une valeur  supérieure à ce que tu n’écris pas. 

FAIT imparfait >>>  PARFAIT non-fait

En cela, la perfection est une hypnose. Quand un FAIT, tu peux l’éditer encore, ton PARFAIT non-fait … bah … rien. Il n’existe toujours pas.

Et s’il existait, au début, ce sera de la merde. Un PARFAIT merdique. C’est le bizutage de tous les écrivains. Même des plus fameux.

#5. Tout le monde commence par être nul.

Tu es nul-le deux fois.

Mais être nul-le ce n’est pas un état absolu, sadique et inaltérable, c’est juste un commencement.

D’abord, tu es nul avec ton premier jet : c’est de la merde. Désolé pour la révélation brutal mais t’as beau être touché par la grâce, tu ne peux pas pondre un livre, un article voire une simple publication de 1000 mots sans l’éditer. 

Le premier projet est celui « vomi sur le clavier ». La tâche consiste donc à rester en mouvement et à écrire plus vite que ton censeur.

Tu sais, ce mec désagréable à l’étage supérieur dans ta tête. Oui, celui-là même qui pisse sur tes pétunias et qui, quoique tu fasses, n’est jamais content.

Lui, pour le faire taire, il suffit de ne pas lui laisser le temps de parler.

Comment ?

Juste écris. Même face à l’apocalypse. Souviens-toi 🙂

Ici encore, l’objectif est de terminer la course. Pas de la gagner. Et l’avantage avec l’écriture, c’est comme avec le jeu vidéo, tu recommences autant de fois que tu veux jusqu’à détruire le boss dans un bain d’acide.

Ensuite, tu es nul-le une deuxième fois. Avec ton premier livre, article voire publication.

On sous-estime à quel point les écrivains deviennent écrivains. Je ne te parle même pas de l’écrivain illustre ou à succès. Je te parle même d’une personne qui écrit sur son blog en mode serein.

L’écriture serait évidente pour ceux qui écrivent et un brouillard pour les autres. Voilà, l’ordre magique sur lequel repose le monde, et auquel, tu finis par consentir.

Pourtant si tu te poses un peu, tu imagines un peintre peindre la chapelle Sixtine comme première oeuvre ?

Ou mieux, un musicien composer un opéra comme premier morceau ?

Non.

Car au début, ça commence toujours par être de la merde. Même Proust a écrit un mauvais premier roman.

Pour l’écriture, c’est pareil. Tu as besoin de pratique, de passer des étapes et d’expériences. Tout commence par de la merde. Mais, il faut bien du fumier pour faire pousser des jardins même, dans les régions arides. 

Ceci dit, je ne nie pas une vérité : y a de mauvais écrivains. C’est comme ça. Pourtant, personne ne mérite le silence sous prétexte que c’est mauvais. 

#6. Le silence n’est pas d’or. Il bégaie.

La dernière chose que je souhaite, c’est te donner le sentiment d’être stupide. 

Je veux dire, je t’encourage, là, de toute mes forces à écrire et puis, qui sait ? Peut être tu trouveras des gens, qui, pour te nuire iront te dire ce que tu fais, c’est nul.

Oui, y a des trolls partout. Certains sont même payés pour troller. On les appelle les critiques littéraires, ciné ou insère ici toute activité culturelle.

Maintenant, je suis persuadé d’une chose : 

« Tout le monde devrait avoir droit et être encouragé à s’exprimer et ce, quelque soit la manière dont il le dit. »

Oui, même s’il le dit mal. Sinon, ce n’est rien d’autre que de la censure de forme. Autrement dit, si tu le dis mal, ce que tu dis est indigne d’être lu.

Mais si le gars te trouve un vaccin contre le SIDA est-ce que le verdict demeure ?

Bah …non.

Et pourtant, la censure continue. J’ai horreur de ça. Surtout quand il s’agit d’une auto-censure qui, avant d’être dirigée par toi-même contre toi-même, est surtout une violence symbolique et sociale.

C’était mon moment grande gueule.

En moins de mot, personne ne devrait censurer ce qu’il a à dire sous prétexte qu’il va mal le dire.

Je tire cette conviction d’une histoire personnelle.

Il y avait un enfant, dans mon voisinage, nous allions ensemble en classe. Il était bègue. Il était vraiment gêné à ce sujet.

Quel enfant ne le serait pas ?

À l’école, quand le professeur lui posait une question, il essayait de toutes ses forces à faire sortir ses mots mais, il n’y parvenait jamais.

Les autres enfants le regardaient fixement, ce qui ne faisaient qu’empirer son bégaiement.

Ils murmuraient alors dans son dos et gloussaient.

Cela le rendait triste.

Puis, finalement, un jour, le professeur lui posa une nouvelle question.

Il n’y répondait pas.

Même s’il connaissait la réponse, il se contenta de dire : « J-je ne sais pas »

Alors le professeur secoua la tête de dépit et lui dit :

« La prochaine fois, apprends tes leçons, Mohamed »

Oui, j’ai été cet enfant.

Car, en dernier ressort, les personnes que l’on n’écoutent pas, sont celles qui ne s’expriment pas. Pour beaucoup, ce qu’elles ont à dire n’est pas stupide. C’est seulement qu’elles ne sont pas dans la capacité de bien l’exprimer à l’oral ou, dans notre cas, à l’écrit.

Le silence n’est pas toujours d’or. Parfois, il bégaye.

Dès lors, il te faut préférer t’exprimer, et de manière irrévocable, plutôt que de taire. Autrement dit, il vaut mieux écrire mal que ne pas écrire du tout. Après, si tu attends un outil pour t’aider, alerte au spoil : il n’existe pas.


Tu ne peux pas être nul-le tout court à écrire car, même tout ce que tu commences est mauvais. L’important est dans le progrès.

Tu veux devenir sérieux avec l’écriture ? Jette un oeil ICI, ça pourrait te plaire.

En attendant, garde la pêche 🙂 

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