fbpx

Comment donner des conf’ kiffantes ?

Temps estimé de lecture : 25 minutes.

ATTENTION. Article long.

Article écrit pour celles et ceux qui ont faim et prennent entrée, plat, dessert et fromage quand il s’agit d’apprendre.

Pour les autres.

L’appétit vient en lisant.

Tu commenceras l’article que tu arriveras à la fin sans même t’en apercevoir.

C’est garanti 🙂

Sinon, tu peux repérer les cerises délicieuses de l’article. Dans le jargon, on les appelle les punchlines ^^

Dans tous les cas, bonne lecture !

______________

Imagine.

_____Imagine que je te propose de faire une conférence, là, demain soir.

_____Imagine que ce soit dans un lieu impressionnant comme un amphithéâtre d’une centaine de personne.

_____Imagine que tu sois filmé pour cette conférence. Autrement dit, qu’elle laissera à jamais une trace sur internet.

_____Imagine …que ce soit sur un sujet que tu ne maîtrises PAS DU TOUT.

Comme, disons, la culture des cucurbitacés en Nouvelle Polynésie Française.

_____Imagine.

On est d’accord, c’est comme si je t’envoyais au casse-pipe.

Même si certains pourraient s’en sortir mieux que d’autres. C’est vrai.

Néanmoins.

Faire une conférence sans préparation.
Dans un lieu impressionnant.
Filmé qui plus est.
Surtout, sur un sujet dont tu n’as aucune maîtrise.

C’est chaud. Normal.

Très peu de personne, sinon personne aurait accepté une telle proposition.

Sauf …MOI.

J’ai fait cette conférence.

Comme tu peux t’en douter, le résultat a été CA-TAS-TRO-PHIQUE

Revenons trois ans arrière.

Je suis à l’École 42.  Dans l’amphithéâtre.  Je viens de donner une conférence préparée en … 3 heures. C’était jeudi soir et je l’ai préparée seulement dans l’après-midi.

Le sujet ?

Il était cool MAIS je n’en avais aucune maîtrise :

Quel timing pour lancer son entreprise ou start-up ?

Avec bien sûr, une caméra pour immortaliser tout ça.

Là, j’ai un avertissement pour toi.

NE REGARDE JAMAIS CETTE VIDÉO.

Je suis sérieux.

Déjà, parce que tu n’y apprendras rien. Vraiment rien. Ensuite car tu y perdrais deux heures de ta vie.

Franchement, je ne veux pas avoir ça sur la conscience.

Je ne veux pas avoir sur la conscience le fait de t’avoir dérobé un morceau si précieux de ta vie.

Alors, déconne pas. Ne vas pas voir cette vidéo.

Bref.

Ceci dit, dans mon malheur, cette conférence a été l’occasion d’une épiphanie pour moi. Ce jour-là, je me suis rendu compte d’une chose très importante :

Il est plus dur de préparer une conférence que de surmonter son trac.

Effectivement.

Lorsque j’ai préparé mon intervention, je n’étais pas stressé.
Lorsque j’étais devant les gens, je ne l’étais pas non plus.
Puis, après, il n’y avait plus de stress, seulement des regrets.

Tu t’en doutes.Le fait que je ne sois pas stressé explique peut être mon intervention ratée. Cependant, je pense aussi avoir un avantage injuste sur la plupart des gens :

Je n’ai aucune angoisse à parler en public.

Vraiment.

Cela ne veut pas dire que je n’en ai jamais eu.

Non.

Je pense seulement m’être désensibilisé à cet enjeu.

Je dois certainement ça à mes années collège, lycée voire universitaire.

Tu te souviens ?

On avait tous des exposés ou des TPE à faire en groupe que ce soit sur la tectonique des plaques, la politique agraire en Somalie dans les années 70 …

Oui, j’ai une éducation bizarre ^^

Du coup, on avait toujours une restitution orale à faire.

Très souvent, c’était moi qui m’y collait.

Pourquoi ?

Parce que personne ne voulait le faire.

Dès lors, à force de parler en public, j’ai fini par dédramatiser l’enjeu.

Néanmoins, je n’ignore pas la détresse dans laquelle cela peut plonger certaines personnes. L’évocation même de parler en public et, elles perdent tous leurs moyens.

D’ailleurs, tu connais peut être cette histoire.

La phobie que nous partagerions le plus, dans le monde, c’est la peur de parler en public. Et ce, même devant la peur de la mort.

La phobie que nous partagerions le plus, dans le monde, serait la peur de parler en public. Et ce, même devant la peur de la mort.

Autrement dit, nous aurions plus peur de parler en public que de la mort.

C’est ahurissant.

Ce qui fait dire à Jerry Seinfeld, que lors d’un enterrement, les gens préfèreraient être dans le cercueil plutôt que faire l’oraison funèbre.

En réalité, personne n’a de vraie recette pour surmonter son trac de parler en public.

Personne.

D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si certains en sont même à donner un conseil pourri voire caricatural désormais comme :

Quand tu parles en public, imagine les gens nus ou en sous-vêtements.

C’est ubuesque.

Franchement, qui, un jour, a eu cette idée ? C’est qui le patient zéro ? Ce devait être un pervers. Les gens se sont mis à répéter ce conseil sans même y réfléchir.

C’est fou.

À titre perso, imaginer les gens du public nus ou en sous-vêtements ne va pas du tout calmer mon angoisse. Bien au contraire.

Maintenant, j’exagère sûrement.Je n’ignore pas les intentions d’un tel conseil. En réalité, il veut dire qu’il faut dédramatiser le fait de parler en public.

C’est vrai.

Seulement, pour le dédramatiser, il faut s’y désensibiliser.

Ici, le meilleur moyen pour surmonter son trac de parler en public est de parler en public.

L’action est le remède. 

Tu pourras lire tous les livres, écouter tous les conseils, suivre tous les séminaires du monde, à un moment, même pour nager, il faut aller dans l’eau.

À mes yeux, parler en public, c’est comme les entretiens d’embauche.

Si tu es comme moi, ton premier entretien a été une expérience difficile.

Je suis arrivé une heure en avance, je balbutiais mes réponses, je faisais des lapsus sans compter mes mains moites …Bref, je n’avais aucune maîtrise de moi-même.

Ceci dit, c’était pour les premiers entretiens. Par la suite, je m’étais habitué au jeu de l’entretien. J’étais devenu beaucoup plus à l’aise à l’exercice.

Bien sûr, le trac n’avait jamais complètement disparu et ne disparait jamais complètement. Mais, là où avant le trac me maîtrisait, désormais, c’était moi qui le maîtrisais.

Alors, bien sûr, y a plusieurs manières de procéder.

Tu peux y aller progressivement. Au début, tu peux réunir une dizaine de personnes bienveillantes à ton égard comme des amis ou des collègues puis, leur parler d’un sujet qui te préoccupe. Puis, tu rameutes des inconnus petit à petit.

Sinon, tu peux choisir de passer par l’épreuve du feu. À titre personnel, pour me guérir une bonne fois pour toute de cette angoisse, je me suis exprimé devant un amphi de 700 personnes.

Malgré l’ampleur de l’audience, je m’apercevais, non sans surprise, être toujours vivant après mon discours. Alors, plus rien ne pouvait m’atteindre.

D’ailleurs, pour te dire à tel point ce fut un moment fort : à ce jour, je ne me souviens strictement pas de ce que j’ai dit. Seulement que je m’étais débarrassé pour longtemps de mon angoisse de parler devant des gens.En cela, si vraiment tu tiens à surmonter ton trac. Alors parle devant des gens.

L’action est le seul remède. 

Je te dis ça, car après la CATASTROPHE, je n’en suis pas resté là.

En effet, je ne voulais pas rester sur un échec mais aussi, je voulais maîtriser en long et en large le format de la conférence. C’était le défi que je lançais à mon intelligence.

Aujourd’hui, cela fait trois ans que je donne des conférences. J’en ai fait plus d’une quarantaine. La plupart avec #LaClaqueConf

Ce fut l’occasion de tester beaucoup de choses tant sur la restitution que dans la mise en scène.

Et j’en ai testé des choses : de l’audience sous forme d’une arène, de la restitution complètement improvisée à celle écrite à la virgule près même dans la manière d’être déclamée. Sans compter les conférences marchée, dans des bars et j’en passe … 

Toutes ces expériences m’ont amené à une seule et même conclusion quand il s’agit de faire des conférences que les gens vont kiffer.

Ce que je m’apprête à écrire est, sans aucun doute, l’élément le plus important de cet article. D’ailleurs, après avoir pris connaissance de celui-ci, tu pourrais même interrompre ta lecture car, c’est l’unique enseignement à retenir.

Une conférence poursuit deux objectifs : Divertir & Transmettre. Impérativement dans cet ordre.

Divertir & transmettre. Impérativement dans cet ordre.

#1. Divertir.

Tu dois faire passer un bon moment. C’est ta priorité.

C’est là où échouent la plupart des gens pourtant. Ils sont tellement focalisés sur le contenu, qu’ils en oublient de divertir.

Si tu fais une conférence, c’est ton objectif fondamental : faire passer un bon moment à l’audience et ce, bien avant de transmettre quoique ce soit de contenu.

Pourquoi ?

Déjà car tu n’as aucune idée du niveau de connaissance de ton public. Si ça se trouve, ils en savent davantage que toi. Dès lors, même si tu ne leur apprends rien, ils pourront toujours se souvenir de ta conférence comme d’un bon moment.

Sinon, pour les autres, l’état émotionnel dans lequel ils se trouvent va cimenter le savoir que tu transmets. En effet, l’émotion est une ancre mémorielle.

L’émotion est une ancre mémorielle.

Je m’explique. L’émotion donne du poids à un souvenir. Plus l’émotion est forte et plus le souvenir est puissant.

La preuve, si là, tout de suite, je te proposais de me raconter ta vie, il est fort probable que tu me la racontes à travers tes pics émotionnels. Aussi bien positifs que négatifs d’ailleurs.

Maintenant, ton objectif n’est pas de donner un pic négatif. Ce serait stupide. D’ailleurs, si tu ennuies ton audience, il ne gardera rien en mémoire de ce que tu lui raconteras.

Non.

Il se souviendra seulement de l’état émotionnel dans lequel il était : mort d’ennui. Tu veux à tout prix éviter ça.

Pour l’anecdote, c’est après avoir assisté à ce genre de conférence barbante que j’ai lancé #LaClaqueConf.

En conférence, j’ai déjà été victime du terrorisme de l’ennui.

On est en 7 avril 2016, je pense. Un jeudi matin, c’est certain. Ce jour-là, on vola un morceau de ma vie. 3 heures exactement. 3 heures dans une conférence sans possibilité de m’échapper. J’ai été une pure victime du terrorisme de l’ennui. Je m’en souviens encore. Le traumatisme est encore vif.

À cette occasion, je me suis dit :

Plus jamais plus ça. Plus jamais de conférence chiante.

Comme je ne soulève jamais un problème, sans au moins proposer une solution : #LaClaqueConf est née.

Je la voulais interactive.

Avec les gens interrompant le speaker de questions quand ils le veulent. Qu’ils prennent la parole aussi pour partager — Donner des #claques. Et puis, le plus important, qu’ils partent quand ils le souhaitent sans se préoccuper d’une quelconque politesse ou autre. 

C’était aussi un excellent moyen pour moi de savoir deux choses.Si les gens me posent des questions sur ce que je raconte, c’est que je ne suis pas clair. Normal, les questions pleuvent là où mon récit et argumentation sont les plus fragiles.

Les questions pleuvent là où ton récit et argumentation sont les plus fragiles.

Puis, si les gens partent, c’est que je suis mauvais, c’est tout. Aucune tergiversation à avoir. Je n’arrive pas à retenir les gens, c’est de ma faute. Pas la leur. À moi de bosser pour que cela n’arrive pas. À moi de leur faire passer le message qu’ils vont rater un bon moment.

Dès lors, n’oublie jamais ça : une conférence doit d’abord faire passer un bon moment. C’est la priorité.

Comment ?

Le stand-up.

Y a une chose importante à savoir. Quand tu places les gens dans un état émotionnel positif, ils en redemandent.

Alors, tu as toute leur attention. Ainsi, ton message passe crème.

J’ai découvert que, parmi toutes les disciplines du monde, il y en a une qui a fait du maintien de l’attention des gens, seulement avec des mots, un sacerdoce, c’est le STAND-UP.

La capture de l’attention des gens, seulement avec des mots, est le sacerdoce des artistes du stand-up.

C’est la seule discipline du spectacle, dont l’artiste, doit te garder attentif avec la seule attraction de ses mots.

Du coup, j’y pille toutes les connaissances nécessaires pour faire mes conférences. Que ce soit l’art de raconter, le jeu de scène ou encore, les punchlines.

En effet, quand tu fais du stand-up, tu dois faire rire toutes les 20 secondes en moyenne. Pourquoi 20 ? Tout simplement car c’est le moment où l’attention faiblit systématiquement.

Il est extrêmement difficile de maintenir l’attention des gens sur une durée très longue. C’est épuisant pour les gens. Du coup, il faut osciller entre les moments où tu construis le contexte et celui avec la chute. Maintenant, tout ça ne doit pas dépasser 20 sec sinon tu perds ton public.

C’est ainsi que je procède.

Toutes les 20 secondes, j’ai une chute. Cela ne sera pas forcément une blague. Cela peut être aussi une punchline. Autrement dit, une image forte soutenant une idée forte.

Sinon, je garde toujours ce rythme : Toutes les 20 sec, il y a moment fort dans mon récit. Systématiquement.

Il faut une chute dans ton récit toutes les 20 secondes.

Ainsi, il est impossible pour les gens de se souvenir de tout ce que tu vas dire. Ceci dit, ils retiendront beaucoup tes chutes surtout si elles sont sous la forme de punchlines. Avec elles, les gens reconstruiront par eux-même le raisonnement.

Si tu ne sais pas comment faire des punchlines, il n’y a pas de secret : écoute du RAP aussi bien français qu’américain, plonge toi dans les citations ou aphorismes en tout genre et enfin, va voir du stand-up.

Avec tout ça, tu auras, j’en suis persuadé, une révélation. Quand tu donnes une conférence, en réalité, le spectacle : c’est toi. 

En effet, par définition, le spectacle est une vue d’ensemble qui attire le regard, l’attention ou arrête la vue et donc, susceptible d’éveiller des émotions ou des réactions.

Dès lors, tu auras un défi à relever : comment vas-tu te mettre en scène ? Voire comment vas-tu mettre en scène ton savoir pour le public ?

Car en définitive, une conférence, ne tient pas à ce que tu vas dire mais énormément à comment tu vas le dire.

Par exemple, à titre personnel, quand je prépare une conférence, 95% de ce que je vais dire, je l’ai déjà en réalité. Par contre, je vais passer 95% de mon temps de préparation à trouver comment le dire.

95% de ce que tu vas dire, tu le sais déjà. Par contre, tu vas passer 95% de ton temps de préparation à trouver comment le dire.

C’est l’essentiel de ma préparation.

Avec en tête, toujours cette philosophie : comment le dire de la manière la plus divertissante qui soit.

#2. Transmettre.

Après divertir, il y a transmettre et récemment, un ami me disait :

Je ne pourrais jamais faire comme toi. Me mettre devant les gens et leur dire quoi faire. Je n’ai pas la légitimité pour ça.

Je lui répondis que je n’avais aucun conseil à donner ou à transmettre aux gens. Je leur donne un récit cohérent de ce que je viens d’apprendre. Juste ça.

J’explique ce que je viens d’apprendre.

Dès lors, je ne suis pas là pour me faire évaluer. Faire une conférence n’est pas un examen oral pour moi, c’est juste un autre moyen d’apprendre. Car en définitive, si je ne sais pas l’expliquer, c’est que moi-même, je ne l’ai pas compris.

Si tu ne sais pas l’expliquer, c’est que toi-même, tu ne l’as pas compris.

Tu n’imagines pas à quel point il y a une dissonance entre ce que tu sais et ce que tu crois savoir. Il nous arrive même souvent de prendre nos croyances pour des savoirs.

Tu veux un exemple ?

Tiens ? 

Alors ? Tu sais comment fonctionne un vélo ?

Surtout, saurais-tu l’expliquer simplement, sans bugger voire bafouer ?Non ? Attends, j’ai un autre exemple :

Peux-tu me démontrer, là dans l’instant, que la Terre n’est pas plate ?

Non ? C’est normal.

On te l’a enseigné comme une croyance et non, comme un savoir. Tu connais l’histoire de la démonstration avec Galilée et j’en passe, mais il est rare que tu connaisses la démonstration en elle-même.

Alors, c’est clair, si tu ne sais pas expliquer et ce, simplement, c’est que tu ne le sais pas.

C’est d’ailleurs le point de vue radicale de Richard Feynman. 

Pour te la faire simple, Richard Feynman a été physicien. Il a même été Prix Nobel en 1965 et bossé sur le Projet Manhattan. Oui, le projet à l’origine de la bombe atomique.

Nul n’est parfait.

Cependant, il avait un surnom : Le Grand Explicateur.

Oui, ça te pose le bonhomme.

En effet, il avait cette capacité inouï à vulgariser même les sujets les plus obscures de la physique quantique ou sinon, simplement le feu. 

D’ailleurs, il avait une technique pour ça. On l’appelait la technique Feynman. Cette technique était aussi bien une technique d’apprentissage, de mémorisation que de vulgarisation.

Oui, souviens-toi ! Tu sais que si tu sais expliquer. Sinon, tu ne sais rien. Alors, forcément, pour vulgariser, il a bien fallu que tu apprennes avant.

La technique dont je vais te parler là, j’en appliquais les principes tout en ignorant le nom. Alors, sans revenir en détail sur cette technique, voici en quoi elle peut être utile à la préparation des conférences.

D’abord, tu prends un sujet d’apprentissage résumé à une ou deux phrases. Le sujet de ta restitution, bien sûr. Comme une définition, une idée phare ou une idée contre-intuitive. Puis, tu essaies de l’expliquer à un non-initié.

Vraiment à un non-initié.

Je sais que beaucoup prenne pour exemple un enfant de 5 ans voire de 3 ans. C’est un mauvais exemple. On n’a pas le même vocabulaire à 5 ans qu’à 25 ans.

Pas besoin qu’il soit un enfant. D’ailleurs, si tu as déjà essayé d’expliquer ton travail à tes parents, tu vois bien que ce n’est pas une question d’âge.

Non, juste à un non-initié.

Pourquoi ?

Déjà, comme je l’ai dit auparavant, tu n’as aucune idée de niveau de connaissance de ton public. Du coup, ton objectif sera de rendre ton message le plus accessible possible. Ainsi, tu ne laisseras personne sur le bord.

Puis, cela évite une chose essentielle : tu n’utiliseras pas de jargon.

Tu t’éviteras ainsi de te dissimuler derrière un mot que tu ne maîtrises pas. Du coup, tu utiliseras des termes simples et accessibles à tous. Sinon, à la rigueur, tu t’arrêteras pour expliquer les termes les plus importants.

Tu n’utiliseras pas de jargon.

Bien sûr, comme tu fais une conférence, tu vas une restitution à l’oral. Encore et toujours. Tu vas la répéter, répéter, répéter …jusqu’à donner un récit cohérent de bout en bout.

Sinon, à chaque fois que tu te sentiras hésitant, flou ou encore fragile sur certains points, tu retourneras la bosser jusqu’à former ton récit cohérent. De la première phrase à la dernière.

Ceci peut prendre plusieurs jours.

Par exemple, pour préparer la conférence sur comment faire des conférences (oui, le truc trop méta 🙂 il m’a fallu répéter pendant 6 heures par jour pendant les 3 jours précédant la conférence. 

Maintenant, afin de te donner une application purement pratique de la technique Feynman, prenons un sujet comme la blockchain.

Je prends cet exemple car il ne demandera pas un article complet à expliquer. Puis, c’est un sujet un peu à la mode ces derniers temps.Ainsi, si je suis la définition de la blockchain :

La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle.

Autant dire qu‘on est pas sorti de la berge.

Maintenant, si j’applique la technique Feynman.

En réalité, la blockchain est un grand livre que tout le monde peut lire et écrire librement et gratuitement. Impossible à effacer, modifier et indestructible. Qui garde une trace de tous les échanges des gens.

Voilà la blockchain expliquée. Finalement, il n’y a rien de compliqué quand on prend le temps d’éclairer chaque concept. C’est aussi l’enjeu d’une conférence.

Il ne faut pas vouloir briller. Il faut chercher à éclairer.

Après, si tu veux un modèle plus, comment dire, conventionnel, disons que tu dois répondre à 4 questions dans ta conférence. 

Pourquoi ?
Quel fut l’évènement déclencheur pour que tu fasses cette conférence ? Pourquoi en parler ?

Quoi ?
En quoi c’est un problème ? De quoi est-il question ?

Comment ?
Comment l’as-tu résolu ? Forcément, si tu as une problématique, autant en donner une solution.

Et si ?
Et si ça ne marche pas ? Autrement dit, les objections possibles à ta solution.

C’est garanti à 100 %Si tu réponds à ces 4 questions tu ne laisseras personne ni aucun sujet de coté. C’est la manière la plus complète de construire une conférence.

Même si, généralement, cela a plus de cohérence de commencer par le pourquoi, tu n’es pas obligé de suivre l’ordre de ces questions. Tu peux y répondre dans l’ordre que tu veux.

Par exemple, à mon niveau, rien que dans cet article, j’ai appliqué ce modèle en te parlant notamment du :

Pourquoi ?
Pourquoi faire une conférence ?

Quoi ?
Qu’est ce qu’une conférence ?

Comment ?
Comment en faire une bonne ?

Et si ?
Et si ça ne marche pas ?
Ou encore, et si je ne sais pas faire des slides ?

Ceci me fait une excellente transition pour parler de PowerPoint.

Faire un beau PowerPoint ne va pas transformer ta conférence en quelque chose d’exceptionnel.PowerPoint est un outil. Juste un outil.

Il ne transforme rien en quelque chose d’enthousiasmant. Surtout pas quelque chose d’ennuyeux à l’origine. Pas du tout.

Petite précision avec une GRANDE importance : si tu fais des slides, tu ne le fais absolument pas pour toi. Tu le fais pour l’audience. Toujours.

Un PowerPoint, ce n’est pas pour toi que tu le fais. Tu le fais pour ton audience.

En effet, toi, tu dois déjà connaître ta conférence sur les bouts des doigts. D’ailleurs, même en l’absence de tes slides, tu devrais être en mesure de la faire.

Alors, pourquoi faire des slides ?Tout simplement car PowerPoint est un outil qui te permet de soutenir l’attention de ton audience. Et donc, surtout pas de la perdre.

Alors, si tu imagines que tu vas tartiner ton PowerPoint de liste à puces pour te permettre de ne rien oublier, tu te fourres le doigt dans l’oeil jusqu’à l’omoplate.

Par ailleurs, quand il y a écrit quoique ce soit sur tes slides, tu te tais. Sinon, si tu lis tes slides, c’est comme entendre deux personnes parler en même temps.C’est extrêmement agaçant.

Du coup, je te le répète à nouveau.

Un PowerPoint existe pour soutenir l’attention de ton audience. Non pour la perdre.

Sinon, parfois, cela peut même donner des conséquences dramatiques.

J’ignore si tu connais ce gimmick très récurrent :

Death by PowerPoint.

Littéralement, mort par PowerPoint.

Figure-toi qu’une de ces présentations est bien à l’origine de la mort de 7 personnes. De manière indirecte, certes, mais l’anecdote est suffisamment éloquente pour que je t’en parle.

Death by PowerPoint: the slide that killed seven people
We’ve all sat in those presentations. A speaker with a stream of slides full of text, monotonously reading them off as…

Nous sommes le 1er février 2003 et la navette Columbia vient de se disloquer lors de son entrée dans la surface terrestre.

Pourquoi ?

Pour te la faire simple, une enquête interne va révéler que le risque encouru par un retour sur Terre avait été sous-estimé. Notamment car, lors de son décollage, la navette avait perdu une tuile de son fuselage.

Cela avait été précisé dans un PowerPoint lors d’une formation interne.

Néanmoins, rien n’avait été fait pour préciser le poids de cette information. Elle avait été évacuée comme une information sans importance par les ingénieurs ayant assistés à la formation.Cela n’avait retenu aucunement leur attention. Ce qui donna la catastrophe que l’on sait.

Accident de la navette spatiale Columbia – Wikipédia
L’ accident de la navette spatiale Columbia est un accident spatial qui eut lieu le au cours de la mission STS-107

Bien sûr, il faut peut être nuancer le propos. Tu peux toujours lire les détails de cette histoire, dans l’article ci-dessus.

Nous, à notre niveau, on retiendra juste qu’un PowerPoint ne te sauvera pas. Cela peut même mettre en danger des gens. Surtout quand tu ne sais pas mettre en relief ce qui est important et donc, retenir leur attention à des moments précis.

Ceci dit, si tu tiens vraiment à apprendre à faire une bonne présentation PowerPoint, j’ai …une présentation PowerPoint à te recommander : 

À mes yeux, c’est le meilleur tutoriel qui soit. Quand j’ai découvert celui-ci, j’avais l’impression de trouver un trésor. N’hésite pas à t’en inspirer pour faire les slides des conférences qui vont kiffer les gens.


C O N C L U S I O N.

Si tu veux faire une conférence pour faire kiffer les gens : PRÉPARE-LA !

Pour une conférence entre 30 à 60 min, il faut compter, AU MINIMUM, une heure de préparation pour une minute de présentation. Ça ne rigole pas.

Pour une conférence entre 30 à 60 min, il faut compter, AU MINIMUM, une heure de préparation pour une minute de présentation.

Si tu trouves que c’est beaucoup, faisons une expérience.Imagine qu’il ne te reste qu’une heure à parler dans toute ta vie, ne prendrais-tu pas énormément de précaution dans les mots que tu prononcerais ?

Forcément, si.Voilà donc pourquoi cela prend autant de temps.

Surtout que tu vas le faire en espérant garder toute l’attention de ton public. Pour cela, n’oublie pas : Divertir et transmettre. Toujours dans cet ordre.

Parce qu’au final, si tu veux surmonter ta peur de parler en public. Il te suffit de parler en public. Tu verras alors que ton trac diminue et tu vas t’acclimater à l’exercice MAIS le temps de préparation, lui, va toujours rester aussi important.

Dès lors, le plus dur pour faire une conférence, ce n’est pas de surmonter son trac. C’est de la préparer.

%d blogueurs aiment cette page :