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Machine à Apprendre | Tricher #4 – Prends le plaisir de savoir avant le savoir.

Y a deux manières d’apprendre.

Dans TRICHER #1, on a vu la première : la survie.

Aujourd’hui, on aborde la plus connue mais, pas forcément la plus utilisée, notamment par l’école.

Je te parle de l’amour. Plus précisément, de l’amour du savoir.

Car, si le titre évoque le plaisir, en vrai, le plaisir c’est sec.

Il est plus grand et plus précis de parler d’amour.

D’ailleurs, oublie le titre de cet article.

Ce n’est plus « Prends le plaisir de savoir avant le savoir » MAIS, « Prends l’amour de savoir avant le savoir »

Voilà.

Oui, je fais un coup d’état dans mon propre article ^^

Plus sérieux.

À mes yeux, le rôle de l’école, ça se devrait être ça :

Non, nous transmettre le savoir, mais davantage nous transmettre l’amour du savoir.

Autant, se le dire, en l’état : c’est un échec.

Pourquoi ?

Une raison : l’école fonctionne avec une fausse prémisse.

Pour elle, tous les élèves ont TOUS l’envie nécessaire pour apprendre. Elle ne se préoccupe donc pas de stimuler et développer cette envie. Elle se contente de transmettre le savoir. POINT.

Au final, l’école, aujourd’hui, enseigne aux plus motivés.

D’accord.

Du coup, que fait-on des autres ? On les livre à eux-mêmes ?

Non parce que, ce qui fait l’enseignement, c’est l’apprentissage.

Autrement dit, un enseignant n’enseigne que si les apprenants apprennent.

Si les apprenants n’apprennent rien, il n’y a pas d’enseignement. Le fait de se poser devant des gens et de leur parler n’est pas de l’enseignement.

Là, le Roi est nu.

Avec cette définition, tu peux enseigner l’alphabet à une pierre. Il y aura effectivement enseignement mais JAMAIS d’apprentissage.

Ce serait absurde.

Donc, l’aboutissement de tout enseignement est l’apprentissage. Pour être plus précis, c’est la compréhension.

J’y reviendrai.

En attendant, il y a une suffisance professorale à croire que le savoir est un plaisir en soi.

Ça me rappelle une mésaventure de mes années collège.

Confronté à une consigne de mon professeur, celui-ci me demande :

« Pourquoi les poésies de Robert de Boron, ce grand poète, contiennent elles une beauté immortelle qui éveille l’enthousiasme ? »

Là, je lui réponds :

« Cela ne m’enthousiasme pas du tout. Comment cela pourrait-il l’enthousiasmer puisque ça ne l’enthousiasme pas. Je ne peux pas en lire plus de 2 strophes et même ça, ça ne m’intéresse pas. »

Ce à quoi le professeur me répond :

« C’est inadmissible. La grande poésie, étant grande et étant poésie, ne peut pas ne pas vous enthousiasmer, donc, elle vous enthousiasme. »

Tu vois la blague ?

Genre, les choses t’enthousiasment pour elles-même.

Bah …non.

À ce rythme, n’importe quoi et qui devrait m’enthousiasmer. Même Eve Angeli et les 2Be3.

En réalité, en quoi est-ce de la grande poésie ? Pourquoi serait-elle enthousiasmante ? Qui l’a décidé ?

Le Roi est nu. À nouveau.

Voilà la case manquante : l’amour de savoir.

Or, l’amour de savoir devrait être transmis en même temps que se transmet le savoir. Sinon, l’apprentissage n’est plus la priorité de l’enseignement.

Si l’amour n’est pas évident, le savoir ne le sera pas non plus.

La base.

Néanmoins, aujourd’hui, c’est ton jour de chance : tu n’es plus à l’école.

Tu peux utiliser le pouvoir de l’amour.

Heu …

Ça sonnait moins hippie dans ma tête 😀

Mais, en vrai, on fait ça comment ?

Je te présente ça en 4 constats.

Constat n°1 – Tu détestes apprendre.

Tu détestes apprendre.

Pas la peine de t’en vouloir, hein !

C’est normal.

Tout le monde est pareil.

Alors, après, t’en as bien pour se la raconter avec un :

« J’adore apprendre ! »

C’est faux.

Il est soit en train de te mentir ou pire, de se mentir.

Cela me rappelle une conversation avec une entrepreneuse persuadée d’adorer apprendre.

Je te résume l’échange :
Elle : J’adore apprendre.
Moi : Je ne pense pas.
Elle : Bah… pourquoi ?
Moi : Tu n’aimes pas la compta.
Elle : C’est quoi le rapport ?
Moi : T’aurais appris à faire ta compta si t’aimais tant apprendre.
Elle : …
Moi : On n’aime pas apprendre. On apprend ce qu’on aime.

En vrai, quand les gens disent qu’ils aiment apprendre, ce qu’ils aiment vraiment, c’est le savoir.

Pire ? Ils veulent le savoir sans l’apprendre.

Pourquoi ? Le savoir, c’est le pouvoir et l’apprentissage, c’est l’effort.

Oui, tout le monde voudrait courir le marathon sans transpirer.

Même toi ^^

Je te parie même une semaine de lasagne que, n’importe qui sain d’esprit, veut le savoir sans l’apprendre.

Personne n’aime apprendre sans l’idée d’obtenir du savoir derrière.

Tu apprends pour comprendre. Tu apprends pour savoir.

C’est donc ça que tu aimes : SAVOIR.

Maintenant, je te dis qu’apprendre, on n’aime pas ça. Alors pourquoi apprenons-nous ?

Tout simplement car tu apprends ce que tu aimes.

Constat n°2 – Tu apprends ce que tu aimes.

L’amour supporte l’effort d’apprendre.

Bah oui ! apprendre, c’est dur.

Très dur même.

De plus, tu dois soutenir cet effort suffisamment longtemps pour acquérir ce que t’es venu.e chercher : le savoir.

Pour cela, t’as besoin d’amour du savoir ou a minima d’amour pour ton sujet d’apprentissage.

Pourquoi ?

L’amour va sublimer le savoir, le rendre plus beau qu’il ne l’est pour qu’en comparaison, l’effort d’apprentissage devienne dérisoire.

En effet, toute activité a une barrière à l’entrée et une barrière à la sortie.

Quand tu fais ce que tu aimes, ou dans notre cas, apprends ce que tu aimes, la barrière à l’entrée est basse et la barrière à la sortie est haute.

Ça veut dire quoi ?

Tu enjambes la barrière facilement et, il est plus difficile de t’en faire sortir. C’est donc avec plaisir que tu apprends.

Dans le cas contraire, tu as une corvée.

Si la barrière à l’entrée est haute et la barrière à la sortie est basse. Alors, tu n’as aucune envie de commencer et pire, tu veux en sortir le plus vite possible.

L’amour est là pour te donner l’énergie d’un Cyrano :

J’ai dix cœurs ; j’ai vingt bras ; il ne peut me suffire
De pourfendre des nains… Il me faut des géants !

Tout ça, pour apprendre.

En cela, apprendre n’est pas rationnel. Apprendre est émotionnel.

D’ailleurs, si tu n’aimes pas le japonais, tu ne vas pas aimer l’apprendre non plus. Par contre, tombe amoureux d’un-e japonais-e et tu apprendras la langue en 6 mois.

C’est magique.

C’est logique.

Après tout, pourquoi se prendre la tête à apprendre quelque chose qu’on n’aime pas ?

Maintenant, comment apprendre quelque chose tu n’aimes pas vraiment ?

Déjà, on en a parlé dans le TRICHER #1, joue avec ta peau.

En mettant en jeu ta survie, tu seras plus enclin à déployer l’énergie nécessaire pour apprendre.

Sinon, je te rassure : la plupart du temps, tu finis toujours par aimer ce que tu apprends.

À une seule condition.

Constat n°3 – Tu aimes le progrès.

Le progrès.

Le progrès va te faire aimer une matière même si tu n’étais pas si emballé.e au début.

C’est quoi le progrès ?

L’écart entre ce que tu savais la veille et, ce que tu sais aujourd’hui.

Cet écart est plus ou moins important et, surtout plus ou moins enthousiasmant.

Et ça, c’est subjectif.

Certains vont progresser d’un millimètre et, cela leur conviendra. D’autres, malgré un progrès important, il restera insuffisant à leurs yeux pour s’y investir.

Donc, cette partie est personnelle à chacun. Normal après tout, je te parle d’amour. Ce dernier se trouve dans l’oeil de celui qui le regarde.

Il suffit donc de progresser suffisamment pour susciter de l’enthousiasme. Derrière, tu rentres dans la ronde vertueuse.

Résultat : plus tu progresses, plus tu t’enthousiasmes et plus, tu aimes ce que tu apprends et, plus vite tu apprends.

Par exemple, apprendre une première langue peut te prendre un an, la seconde prendra irrémédiablement moins de temps.

Maintenant, depuis le début, je te parle d’amour.

Que fait-on de tout cet amour ? À quoi sert-il ?

Il se capitalise.

Il se capitalise pour te permettre de supporter les moments de moins bien et poursuivre malgré l’adversité.

Comme quand tu es avec un.e proche.

Elle/il peut avoir faire une connerie, cela ne veut pas te le faire détester pour autant. Tu te montreras de la patience.

Ce capital amour t’achète donc du temps.

Et quand ce capital est suffisamment important, tu surmontes l’apprentissage même quand tu progresses millimètre par millimètre.

Et oui ! De manière générale, ta vitesse d’apprentissage se réduit à mesure tu sais des choses. Autrement dit, plus tu sais et plus il sera dur d’en savoir plus.

Mais de l’autre coté, si tu te mets à aimer ce que tu apprends, l’amour appelle le savoir. Tu en voudras encore plus.

Tu vois le paradoxe ?

Il y en a de moins en moins à savoir et, de l’autre coté, tu veux en savoir de plus en plus.

Cela crée la malédiction du savoir ou du savant.

Je ne t’en parlerai pas aujourd’hui.

Oui, je te tease 😀

Là, tout de suite, je préfère te conseiller autre chose :

Ne sors pas de ta zone de confort. Étends-là.

Constat n°4 – Ne sors pas de ta zone de confort. Étends-là.

En vrai, si la « zone de confort » s’appelle « zone de confort » , y a bien une raison.

Par définition, le « confort » te redonne des forces, il ne t’en prend pas.

Alors, pourquoi diable la quitter ?

De plus, dans cette zone, tu y es en terrain connu. Pas le besoin de te mettre en mode combat comme si tu te baladais en milieu hostile.

T’as déjà essayé d’apprendre quelque chose avec un tigre qui te court après ?

N’essaie même pas ^^

De plus, quoique tu veuilles faire, autant le faire sur son terrain que sur celui du voisin.

Bref.

La réalité, c’est que la « zone de confort » n’est pas une zone fixe à laquelle tu es condamné sur plusieurs générations.

Une zone de confort, ça s’étend.

C’est même notre façon d’apprendre favorite.

En effet, il est presque impossible d’apprendre brut de nouvelles choses. Alors, tu vas casser en petits morceaux que tu sais déjà pour l’assimiler.

Par exemple, les enfants apprennent le calcul avec des animaux de la ferme. Un enfant sait déjà ce qu’est une vache. mais pas encore les tables de multiplication.

Les meilleurs vulgarisateurs ne t’expliquent pas des concepts obscurs avec d’autres concepts obscurs.

Non, ils les ramènent à ce que tu sais déjà, un savoir confort, afin de te permettre de faire les connections avec un savoir nouveau.

Souviens-toi de la Méthode Feynman dans TRICHER #3 😉

En effet, notre cerveau connecte ce que tu ne sais pas à ce que tu sais déjà. Il ne connecte pas ce que tu ne sais pas à ce que tu ne sais pas.

Ça ne marche pas.

Pour ça d’ailleurs que tu peux échouer à apprendre.

C’est qu’il te manque un savoir de confort essentiel à l’apprentissage.

Par exemple, il m’arrive de rien piger à des livres que j’ai lu plus jeune. Puis, quand je les relis quelques années plus tard, je me demande comment j’ai pu passer à coté de telles pépites.

Dès lors, de manière générale, au lieu d’essayer de faire des choses qui sont, pour toi, contre-nature, ramène-les plutôt à ta nature.

Par exemple, tu adores écrire ?

Alors, mets de l’écriture partout.

Tu adores la cuisine ?

Mets de la cuisine dans tout ce que tu fais.

Tu adores les chiffres ?

Mets des chiffres partout.

En cela, n’étends pas ta zone d’effort, étends ta zone de confort 🙂

C O N C L U S I O N

L’amour soulève des montages.

T’as entendu cette phrase des milliers de fois.

Et …elle est vraie.

Ceci dit, tu n’aimes pas apprendre.

Oublie ça !

Tu apprends ce que tu aimes.

Alors, ramène ce que tu aimes dans ce que tu n’aimes pas.

Même pour apprendre.

Prends l’amour du savoir avant le savoir.

Après ça, tu seras une « Machine à Apprendre »


Voici tes DEVOIRS de la semaine pour te transformer en « Machine à Apprendre »

  1. Trouve ce que tu aimes.
    Tu trouveras ça dans l’une des activités ou des conversations que tu tiens durant tes 16 heures éveillées par jour. Oui, juste sous tes yeux 🙂
  2. Mets-le dans ce que tu apprends.

Tu as une semaine ^^

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