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Machine à Apprendre | Tricher #3 – Copie. Copie. Copie.

« Il existe des êtres doués d’une intelligence supra normale, des génies qui possèdent entre autres la faculté d’assumer n’importe quelle identité. En 1963, les chercheurs d’une entreprise appelée « Le Centre » ont mis en isolement un de ces êtres, un jeune garçon nommé Jarod et exploitèrent son génie pour des recherches secrètes. Mais un jour le « Caméléon » leur échappa… »

Tu te souviens ? 😃

Si t’as eu la télé dans les années 90, la série Caméléon n’a pas pu t’échapper. Sinon, voici le lien wikipédia ICI pour avoir la tête moins en friche.

Et oui, la particularité de Jarod, c’est de savoir faire tous les métiers et de savoir parler à tout le monde.

Autant dire, c’est une « Machine à Apprendre »

D’ailleurs, c’est mon modèle. Comme lui, je veux apprendre tous les métiers du monde et être en mesure de parler à n’importe qui.

Oui, mais comment ?

C’est la question du jour.

Alors, contrairement à la légende, le caméléon ne change pas de couleur en fonction de son environnement. En réalité, ses émotions ont un rôle plus important. Son mimétisme n’est donc pas associé à un « art du camouflage ».

Mais, là, on n’est pas sur Nature & Découverte.

Si je te parle de copie, d’imitation, de répéter …je le fais car ces aspects, dans l’imaginaire, ressemble soit à de la paresse soit à obtenir du conformisme.

Direct, il faut lever ses deux objections.

Déjà, la paresse est un puissant moteur.

Qui ne rêverait pas d’abattre une journée de travail en une seule minute pour profiter du reste de la journée ? Cependant, beaucoup confondent « être occupé » avec « être productif ». Il ne faut pas trouver des occupations mais chercher à produire.

De plus, l’efficacité est indispensable au progrès. C’est parce que tu apprends à faire mieux avec moins d’énergie ou de ressources que tu progresses.

Normal.

Puis, je le rappelle dans le cadre de la « Machine à Apprendre », l’objectif reste d’optimiser sa vélocité d’apprentissage. Autrement dit, apprendre davantage en moins de temps.

Donc, la copie est un excellent levier.

Ensuite, y a le conformisme.

Le conformisme n’est pas un danger. Le danger, c’est de la copie sans le sens qui va avec.

En effet, si tu copies sans comprendre, tu n’as rien appris. Or, apprendre, c’est le chemin que tu prends pour comprendre. Tu ne peux pas avoir le savoir sans l’apprendre. Sinon, tu es juste un perroquet.

Un perroquet peut te dire « J’ai compris » sans avoir aucune idée du concept. Il ne répète des sons sans le sens.

D’ailleurs, pour l’anecdote, à l’école 42, tu copies qui tu veux. Seulement, si tu es incapable d’expliquer, tu te prends une TIG. Oui, une TIG ou « Travail d’Intérêt Général » comme nettoyer les écrans ou donner un coup de main à l’équipe de direction.

Ceci posé, la vraie question devient : que copier ?

Je vais te l’écrire. Soit patient.e ^^

Y a trois choses que tu peux copier : le résultat, l’action et l’état d’esprit.

Quand je te parle du résultat, je te parle du succès. Quelle idée de copier quelque chose qui ne marche pas ?!

Pour l’action, il s’agira de trouver un ou des modèles pour les imiter.

Enfin, l’état d’esprit aussi se reproduit.

Ce sont les 3 items qu’on verra ici.

Et on débute par le succès.

#1. Copie le succès

Oui, commence par copier le succès.

En effet, s’il faut copier, il faut copier une recette qui marche. D’ailleurs, contrairement à la croyance, on apprend davantage des succès que des échecs.

La preuve ?

Faisons une expérience de pensée :

Imagine, tu dois faire un gâteau au chocolat.

Pas un gâteau sophistiqué. Un gâteau normal et comestible.

Comment vas-tu t’y prendre ?

Méthode n°1 : Tu prends une recette et tu l’appliques méticuleusement.
Méthode n°2 : Tu regardes faire quelqu’un qui sait faire pour refaire de ton coté.

Normal.

Du coup, tu apprends davantage des succès que des échecs.

Quand tu te renseignes sur ton gâteau, tu regardes comment en réussir un et non, le contraire.

Tu ne vas pas te documenter sur comment le rater sous prétexte que ça va t’apprendre davantage ?

Bah …non.

Tu le veux ton gâteau.

Tu valorises donc forcément davantage le succès que l’échec.

Dans le cas contraire, tu aurais accumulé tous les moyens possibles et inimaginables de ne pas en faire un. Et, il y en a plein : remplacer la farine par du plâtre par exemple.

D’ailleurs, une fois réussi, tu oublies tous tes échecs. Tu retiens juste ce qui a permis le succès.

C’est un processus cognitif.

Le succès est, dans ce contexte, la compréhension. En effet, tu apprends pour comprendre. Or, sans compréhension, tu n’apprends rien.

Cependant, je tiens à te préciser une chose.

N’applique cette démarche que pour des activités dont le succès se mesure à moins d’une semaine.

Pourquoi ?

Deux raisons.

D’abord, même un éléphant se mange cuillère après cuillère. Sinon, tu risques de t’exploser la rate.

Donc, quoique tu apprennes, ramène-le à une temporalité qui n’excède pas une semaine.

Cela va te forcer par déconstruire le savoir en petits morceaux digestes et clairs. Une fois que tu les accumuleras, tu pourras avoir la connaissance de tout un domaine.

Donc, n’essaie pas de gagner la guerre. Gagne plutôt une bataille après l’autre.

Par exemple, admettons que tu veuilles apprendre à cuisiner. Tu ne vas pas apprendre toute l’art de la cuisine en une seule fois.

Tu vas l’apprendre plat après plat.

Tu peux te donner une journée voire une semaine pour apprendre à faire de bons gâteaux au chocolat puis, adopter la même méthode pour une tartiflette ou des lasagnes.

En cela, la semaine devrait être ta temporalité.

Puis, si tu as du mal à tenir le délai, au lieu d’allonger la durée, écourte le savoir. Oui, c’est contre-intuitif : si tu n’arrives pas à apprendre ce que tu veux en une semaine, le morceau est donc trop gros pour toi : réduis-le encore.

Sinon, reproduis le raisonnement suivant sur sept jours : que puis-je apprendre en une journée ?

SIMPLE.

Résultat après une semaine : tu ne sais pas encore cuisiner. Mais, tu sauras si tu sais faire de bons gâteaux ou pas.

Ça, c’est important : savoir mesurer son succès.

En effet, mesurer son succès sur une semaine, c’est faisable. Par contre, l’exercice est périlleux quand il s’agit d’apprendre quelque chose qui demande un temps plus conséquent pour le mesurer. Voire, dont la probabilité de succès est inférieur au hasard (50 %) comme l’entrepreneuriat.

C’est la limite quand il s’agit de copier le succès.

Par exemple, on te raconte les histoires de Steve Jobs, Bill Gates ou autre entrepreneur à la mode avec principe qu’ils aient une recette quelconque du succès. Le raisonnement est : on duplique la recette, on duplique le succès.

Or, l’entrepreneuriat ne fonctionne pas comme un gâteau au chocolat : des éléments échappent à ton contrôle.

Le plus important d’entre eux est la chance.

Ces entrepreneurs peuvent lui devoir beaucoup. Davantage qu’à une méthodologie. Seulement, on étudie les réussites sans tenir compte des échecs.

Et oui, ceux qui ont échoué ont certainement appliqué la même recette sans en obtenir le même résultat.

Ceci est appelé le « biais du survivant »

Mieux qu’une définition, laisse-moi te raconter une histoire :

Nous sommes en Grèce Antique et, lors d’une visite d’un temple, on présenta à Diagoras, un philosophe célèbre pour son athéisme , des tablettes dépeignant des naufragés sauvés des flots par leurs prières.

Le prêtre lui demanda alors :
« Toi Diagoras, qui est convaincu que les dieux ne se mêlent en rien des affaires des Hommes, comment expliques-tu alors qu’ils en aient tant sauvés ? »

Diagoras répondit :
« C’est simple. Ceux qui ont priés et se sont noyés ne sont dépeints nulle part. »

Lâcher de micro là 😀

Retiens donc surtout que si tu copies une méthode, assure-toi d’en voir les résultats dans un délai raisonnable. Une semaine, c’est très bien sinon passe à la journée.

Sans transition.

#2. Copie ton modèle.

Pour apprendre, t’as souvent besoin d’un modèle au sens large du terme. T’as besoin de voir ce qu’il faut faire pour le reproduire.

Quand tu vas au sport, tu as quelqu’un en face avec une chorégraphie, ma foi, très dynamique. Toi, de l’autre coté, tu la reproduis.

Le professeur est le modèle et, l’élève l’imite.

Simple.

Tu imites des postures de travail.

Tu répètes les chansons de tes stars favorites.

Tu reproduis des modèles de document par exemple.

Tu t’appropries le savoir des autres en le reproduisant. En le reproduisant, il devient ton savoir.

Donc, plus tu reproduis, donc copies, plus tu apprends.

C’est le principe.

Maintenant, y a deux types de modèles à suivre : des gens ou bien, des documents références.

Il y a deux points communs à partir de ces types de modèles : tu ne pars pas de zéro et puis, tu peux mesurer immédiatement tes progrès.

Apprendre demande d’explorer les réponses afin de trouver la bonne. Une fois la bonne trouvée, tu peux la reproduire. La reproduire te permet de l’améliorer et donc, de devenir de plus en plus performant.

C’est la différence entre information et connaissance.

Une connaissance peut être améliorée contrairement à une information. En cela, une information n’est pas reproductible contrairement à la connaissance.

Par exemple : il fait beau aujourd’hui.

Ceci est une information. Demain, le temps peut changer.

Maintenant, savoir prévoir le temps, c’est reproductible donc, c’est une connaissance. De plus, tu peux t’améliorer dans l’exercice en faisant des prévisions de plus en plus justes.

Ceci posé, imagine que je te donne un modèle pour ne pas commencer de zéro. Tu imagines le temps gagné.

Avec l’exemple de prévoir le temps, tu peux avoir une infrastructure telle qu’elle te fait poser les bonnes questions ou avoir les bons raisonnements pour aboutir aux bonnes prévisions. Une sorte de script si tu préfères.

Le script peut disparaître une fois que tu maîtrises le savoir. Tu te l’aies approprié.

L’autre avantage de prendre modèle, c’est mesurer tes progrès immédiatement.

Le raisonnement est limpide. Le modèle est un étalon. Il agit comme l’exemple à suivre et donc, tout ce qui n’est pas dans le modèle peut être corrigé.

Normal, quand tu ne sais pas ce que tu fais, il est difficile de corriger quoique ce soit. Par effet miroir, tu vois en direct, ce que tu fais de bien et surtout, de mal, pour l’améliorer.

Marcel Proust a appris à écrire ainsi. Il imita des modèles.

Dans la littérature, on appelle ça des pastiches.

En 1919, il publie son livre « Pastiches et Mélanges » dont la première partie n’est que ça.

Proust prit pour thème commun l’ « affaire Lemoine ». Ce fait divers anima l’actualité en 1908-1909. Un escroc du nom de Henri Lemoine prétendait détenir le secret de la fabrication du diamant. À la suite d’expériences truquées, il réussit à obtenir la somme considérable d’un million-or de Sir Julius Wernher, président de la De Beers, un célèbre diamantaire. Mais ce dernier finit par déposer plainte et Henri Lemoine a été condamné à six ans de prison.

Donc, les 9 pastiches relatent l’affaire Lemoine « à la manière de » Balzac, Flaubert, Sainte-Beuve, Henri de Régnier, Michelet, Émile Faguet, Renan, du Journal des Goncourt et de Saint-Simon.

Maintenant, cette technique n’est pas exclusive à l’écriture. Tu peux l’appliquer à tout : le chant, le sport, la cuisine, une langue étrangère …

T’as déjà essayé de parler Italien sans bouger les mains ? ^^

En définitive, imiter, fait partie du processus naturel d’apprentissage : Tu vois faire. Tu reproduis. Tu t’appropries.

D’ailleurs, c’est une fois ce processus complété que ton style émergera pour s’émanciper de la copie.

Dans l’exemple de Proust, avant de trouver son style d’écriture, il a appris les règles d’écriture, puis les a maîtrisé avant de pouvoir les briser avec son style.

Non, parce que si tu te contentes seulement de briser les règles, voilà ce que ça donne :

Nnnfcjo nJNDn NonjnNND

Pas grand chose.

Dernière précision sur « la copie des modèles » : elle crée de l’émulation.

En effet, imiter peut te faire rentrer en compétition. En voulant reproduire, tu essaies, par la même occasion, d’arriver à faire mieux que ce qu’on te montre.

Résultat : cela accélère ton apprentissage.

On se retrouve un peu dans le même registre que TRICHER #2. Quand tu as un modèle ou mentor, tu vas essayer de le surpasser. Tu vas donc rentrer en compétition avec lui pour devenir meilleur.

Après tout, souviens-toi : le mentor doit mourir : )

Puis, avec un rival ou un concurrent, c’est la même chose. Ce que les autres veulent pour eux, tu le veux pour toi-même. Derrière cette prémisse, tu as une raisonnement caché : si c’est bien pour eux, y a pas de raison que ce soit mal pour moi.

Du coup, tu vas chercher à l’obtenir à tout prix à avant l’autre pour avoir un temps d’avance sur lui. La subtilité, c’est que tu n’imites pas une action, mais un désir. Et oui ! un désir aussi ça s’imite.

Ce serait un peu long à développer ici. Après si ça t’intéresse, tu peux te pencher sur le concept de Désir mimétique de René Girard.

Là, ce que tu as besoin de retenir, c’est que t’as besoin de modèles pour aller plus vite dans ton apprentissage. Ces modèles te permettent de ne pas débuter de zéro et aussi, de mesurer tes progrès.

Simple, non ?

Maintenant, il te faut copier une dernière chose afin de devenir une véritable « Machine à Apprendre »

L’état d’esprit.

#3. Copie l’état d’esprit.

Sugar Ray Robinson, un célèbre boxeur, disait : « Avant d’être champion, il faut déjà se comporter en tant que tel »

C’est totalement ce dont je veux te parler ici.

Ce concept, je l’appelle l’ « état d’esprit motivationnel » ou « impératif motivationnel »

Cela ne se limite pas, tu t’en doutes, à la boxe. En toute circonstance, tu peux incarner cet « état d’esprit motivationnel » avant de le devenir complètement.

« Avant de devenir écrivain, il faut déjà se comporter en tant que tel »
« Avant devenir un footballeur, il faut déjà se comporter en tant que tel »
« Avant de devenir un pianiste, il faut déjà se comporter en tant que tel »

En appliquant ce principe, American Airlines a ainsi accéléré la formation de ses aspirants pilotes.

Ces derniers revêtaient leur uniforme de pilote avant même la validation de leur certification.

Résultats : cela a augmenté le taux de réussite à la certification et divisé, par deux le temps de formation.

Et voilà.

Si tu veux apprendre plus vite, porte l’uniforme.

Porte l’uniforme même si tu ne maîtrises pas encore l’activité. Même si tu ne le mérites pas.

Pour une bonne raison : ça va t’immerger dans un processus d’apprentissage vertueux.

En effet, tu travailleras tous les jours pour le mériter. Tu travailleras tous les jours pour ne pas te noyer dans ton uniforme. Du coup, tu sais que tu ne sais pas mais, tu sais une chose : ce que tu veux. C’est finalement un puissant dopant psychologique.

Par exemple, tu retrouves cet « état d’esprit motivationnel » dans la culture américaine avec la locution :

« What would Jesus do ? »

Pour les moins anglophiles d’entre nous :

« Que ferait Jésus ? »

Mais, tu peux l’étendre à d’autres champs comme :

« Que ferait un écrivain à ma place? »

Est-ce qu’il remettrait au lendemain ses projets d’écriture et passerait ses soirées à fustiger le manque de temps OU s’enfermerait-il à double tour dans son bureau pour n’en sortir qu’une fois son livre terminé ?

Que ferait un footballeur professionnel à ma place ?

Est-ce qu’il sortirait tous les soirs OU irait-il courir tous les matins pour s’entraîner ?

« Que ferait un CTO à ma place ? »
« Que ferait un juriste à ma place ? »
« Que ferait un recruteur à ma place ? »

Ainsi, en te posant cette question, tu empruntes l’état d’esprit nécessaire pour apprendre un nouveau savoir, une nouvelle activité voire un nouveau métier.

Du coup, que ferait une « Machine à Apprendre » à ma place ? 🙂

C O N C L U S I O N

Copie. Copie. Copie.

Tu veux apprendre plus vite ?

Copie.

Quoi ?

Copie le succès. Copie le modèle. Copie l’état d’esprit.

Rien que ça.

Jamais fait une conclusion aussi courte que je me sens coupable de te laisser ainsi ^^

Alors, en prime, voici un GIF rafraîchissant :


D E V O I R S

Voici tes DEVOIRS de la semaine pour te transformer en « Machine à Apprendre »

  1. Copie le travail, quelqu’il soit (article, danse, musique …) de quelqu’un.
  2. Mets-le à ta sauce maintenant.

Tu as une semaine 🙂

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