Le « digitalisme » ou le digital pour religion

Le « digital » est devenu une religion et, son nom est le « digitalisme »

Avec le « digital », nous sommes souvent bien davantage dans le domaine de la croyance que du savoir.

N’en déplaise à certains.

Il suffit, pour cela, de voir les nombreuses personnes prêtes à en parler sans en maîtriser la science.

Je pense notamment à ces spécialistes de la communication qui viennent nous parler d’IA ou de « Notre Mère Intelligence Artificielle » sans en avoir jamais coder une. Ou même sans avoir codé tout court. De leur bouche, l’IA se meut dans la science fiction. Davantage dans la fiction que la science tout de même.

D’ailleurs, ils prêtent à cette dernière des pouvoirs divins.

Elle sait tout. Elle est omnisciente.
Elle peut tout. Elle est omnipotente.
Elle est partout. Elle est omniprésente.
Elle est exponentielle. Elle est infini.
Elle est immortelle. Elle est Dieu.

Ce raccourci semble osé au premier coup d’oeil et pourtant, c’est la pensée de Anthony Levandowski. Il a même ouvert une église consacrée à l’IA pour qui le règne ne va pas tarder. Son leitmotiv pour se préparer à son arrivée est :

« Préfères-tu être un animal de compagnie ou du bétail ? »

… Charmant !

Je ne compte plus les conférences qui, appelées sans sourire, les « messes du numérique » rassemblent une foule d’adeptes exaltés par les bienfaits du « digital », illuminés par l’espoir d’un monde pacifié par le système binaire. Un nouveau paradis.

Un paradis où les usines produisent de manière autonome, les technologies guérissent toutes les maladies, la réalité virtuelle permet de vivre nos rêves instantanément et les robots nous comprennent mieux que nous ne nous comprenons nous-mêmes. Une terre d’abondance où des poulets rôtis sur demande viennent remplir nos assiettes, et où nos boissons préférées s’acheminent vers notre bouche après une simple sollicitation mentale.

Dans un tel paradis, ne pousse, bien sûr, aucune pensée contradictoire. À peine émise qu’immédiatement, on te taxe de « réactionnaires », de « rétrogrades », de « technophobes », d’ « ennemis du progrès » …

« Ennemis du progrès »

Celle-là me fait bien rire ahaha

En réalité, nous n’en avons rien à foutre du progrès voire de l’innovation. Strictement rien à foutre. Ce que nous voulons est hautement plus noble : la Vérité.

Nous serions prêts à échanger des siècles de progrès contre une seule once de cette Vérité.

Maintenant, certains croient que le digital détient cette Vérité. Cette croyance est d’une ample ironie. La plupart de ces personnes revendiquent leur athéisme et les voilà, pénétrées par les feux religieux.

Quelqu’un va venir les sauver : le digital.

Ceci dit, s’il n’est pas question de canoniser le « digital », il n’est pas non plus question de le crucifier. À ce titre, je préfère la voie du milieu.

Dans le bouddhisme, suivre la voie du milieu permet d’éviter les extrêmes pour atteindre l’illumination.

C’est une autre religion.

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