L’art de raconter de belles histoires.

Je suis un très mauvais affabulateur

Du moins, c’est ce que je pensais il y a 15 ans

En effet, je me souviens de 2 « fails » monumentaux dans ma vie : les épreuves du bac blanc de Français.

J’avais pris tellement à la légère le sujet d’invention que la première fois, je me mange un 5 sur 20 et comme je ne voulais pas lâcher l’affaire et, je l’ai pris une deuxième fois et là … 6 / 20

Du coup, au bac de Français, je n’ai pas pris le sujet d’invention.

J’ai fini par avec la dissertation pour m’en sortir avec un honorable 10/20.

Néanmoins, je n’ai jamais lâché l’affaire pour si peu. Je suis plutôt quelqu’un de têtu vois-tu.

Je tenais à apprendre à raconter une histoire.

Alors au début, comme la plupart des gens :

– Je m’emmêle les pinceaux
– Je donne des détails inutiles
– Je perds mon objectif de vue et je ne sais plus ce que je disais
– J’ai peur qu’on trouve mon histoire naze

Et pire que cela, j’étais comme un mauvais dragueur : je ne savais pas conclure.

Tu vois le truc frustrant.

Je me suis juré d’en finir avec ça.

Parce que d’un autre coté, j’adore écouter et lire les histoires. Du moins, les bonnes histoires. Comme tout le monde en fait.

Mais pour moi, une bonne histoire est un tour de magie.

Du coup, je voulais connaître le truc.

Je voulais trouver le magicien d’Oz caché derrière le rideau de toutes les belles histoires.

Alors, comme tout ce qui me sépare de ce que je veux, je me suis mis à bosser.

L’idée était de voir la matrice derrière les images, les intrigues, les héros … Voir petit à petit une architecture narrative se mettre en place jusqu’à poser l’oriflamme sur la plus haute tour.

Voici, en partie, ce que j’ai appris.

Déjà, pour te poser les bases, l’art de raconter une histoire repose sur un triangle équilatérale que je vais appeler « triangle d’Or ». Parce que ça fait classe et que j’ai envie.

Le triangle d’Or relie le conteur, l’histoire et les écouteurs.

Autrement dit : Une personne qui prête attentivement l’oreille à ce qu’elle entend.

Y a là un plan qui tombe tout chaud dans le gosier.
On aurait pu faire une première partie sur le conteur, une autre sur l’histoire et enfin une dernière sur les écouteurs.

N’empêche, ce serait très scolaire. Alors, on va éviter et on va faire des allers-retours entre les différents points du triangle.

Nous allons voir comment 
– > le conteur incline l’histoire et les écouteurs,
– > l’histoire incline le conteur et les écouteurs,
– > les écouteurs inclinent le conteurs et l’histoire

Ceci dit, je te préviens tout de suite : tu seras frustré.

Je n’ai pas même commencer que je te frappe d’une malédiction. Tu peux me maudire, je t’en prie.

Tu seras frustré car tu vas trouver cet article trop court. Et comme il ne sera pas exhaustive, il sera forcément subjectif.

Y a plein de choses que je ne vais pas traiter comme « Porter sa voix de conteur : poser, pauser, accentuer …», « la molécule de la parole », « le pouvoir des mots », « adapter son récit aux lecteurs », « la mise en scène » « la suspension de l’incrédulité » etc …

En attendant, je vais te donner seulement un échantillon de l’art de raconter de belles histoires.

T’es prêt ?

Allons-y !

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Vendredi dernier encore, je le confesse, je ne savais pas par quel angle j’allais aborder cet article. J’avais plein de faisceaux mais il me fallait en choisir un et c’était chaud.

Je savais que je ne pourrais pas tout raconter et c’était encore plus chaud. En effet, il fallait lutter contre le syndrome de la valise de vacances de ma copine.

En effet, quand ma copine part en vacances, il faut qu’elle prenne des choses pour toutes les situations hypothétiques. Autrement dit, des spartiates au cas où il fasse trop chaud, des pulls au cas où il fasse froid, un jean au cas où une robe est tachée, un livre qu’elle ne lira jamais etc …

Bref …Tu es peut être pareil.

Du coup, quand en écrivant cet article, c’était la même. Je rajoutais plein de chose au cas où … J’étais paré pour tout, c’est sur. Mais on ne raconte pas une histoire comme on fait une valise.

Fort heureusement.

Et puis, Nicolas Galita m’a partagé un de ses articles vendredi dernier : comment parler de soi (en entretien notamment).

Il m’a donné un déclic.

De toutes les histoires dont je pourrais vous parler, je veux braquer le feu sur une en particulier : notre histoire personnel.

Autrement dit, comment se raconter ?

Comment faire entrer en collision nos petites histoires avec la grande histoire.

Nous allons parcourir plusieurs techniques de récit du « Triangle d’Or » que nous allons appliquer à nous même.

Bien sûr, ces techniques sont des théorèmes. Autrement dit, elles s’appliquent pour toutes histoires. Mais pour des facilités de compréhension, nous allons nous prendre pour modèle.

Ma promesse avec cet article est qu’avec les mots de tout le monde, tu vas te raconter comme personne.

Les points à relier

Nos vies sont parsemées de points qui sont autant d’étoiles éloignées les unes des autres. Nous allons voir comment on peut les relier pour en faire des constellations.

Ces points sont souvent des points de repère dans nos existences.

Notre première montre.
Notre premier baiser.
Notre premier jeu vidéo.
La première fois qu’on lit un livre en entier.

Très souvent, il s’agit de première fois.

Ou …de dernière fois.

La dernière fois que j’ai dessiné
La dernière fois que j’ai écrit une lettre
La dernière fois que j’ai sauté sur une flaque
La dernière fois que j’ai pleuré

Ce sont tous des repères. Ils ponctuent nos vies d’autant de points.
Tous ces points sont reliés les uns aux autres d’une manière que nous ignorons avant de nous mettre à les raconter. Les raconter va nous obliger à les mettre en cohérence.

Par exemple, un exemple :

Ma première montre, je m’en souviens comme de mon premier baiser. Faut dire que je l’ai eu à un âge où je ne donnais pas de baiser encore. Ma montre était géniale. Avec elle, je ne ratais jamais mon heure de jeu vidéo. La seule heure que ma ascendance maternelle daignait m’accorder avant son feuilleton. Puis, un jour, elle tomba en panne. Elle indiquait plus que 8:88. J’avais raté mon heure.

En plus, dehors, il pleuvait. Mon petit frère me faisait la gueule pour une sombre histoire de détournement de bonbons Krema encore, à ce jour, en litige. Bref …Je m’ennuyais. Du moins, il me restait une chose pour m’en sortir : UN LIVRE. Enfin, lire un livre.

Mais bon, pour le Mohamed de cet âge, un livre était pire que l’ennui. C’était une malédiction. Je détestais ça. Qui voudrait lire quand il peut déloger Bowser le terrible à coup de marteau pour libérer la princesse Peach ? J’étais LE héros avec les jeux vidéos. Les livres avaient déjà leur héros. Ils ne m’obéissaient pas. Ils avaient leur propre histoire.

Puis, je suis tombé sur « Les gars de la rue Paul ». Jamais un livre ne m’avait autant bouleversé. J’avais 10 ans. Ce livre ne me quittait jamais. Je le lisais jour et nuit. Bravant le diktat parental, je me cachais sous la couverture la lampe torche à la main pour suivre le Lieutenant Boka dans les rues hongroises. C’était la première fois que je lisais un livre en entier. J’y ai conservé des sourires mais surtout, des larmes. J’avais appris que les mots faisaient pleurer. Dans les livres, le héros meurt mais ne renaît pas. Ce n’est pas un jeu vidéo.
 — — — — —

Voilà, j’ai utilisé différents points que j’ai relié au sein d’une histoire. Maintenant, selon toi, quelle est la glu qui fait tenir cette histoire ?

C’est l’idée phare.

La glu est l’idée phare.

Dans mon histoire précédente, l’idée phare était :
Comme dans la vie, les héros qui meurent dans les livres, ne renaissent pas.

L’idée phare éclaire, elle ne brille pas

Sans idée phare, ton histoire ressemble à un mec qui veut faire le tour de France sur un vélo d’appartement.

Elle se fatiguera bien avant d’avoir avancé.

L’idée phare est, en quelque sorte, le message que tu veux transmettre à travers ton histoire. Il se résume à une déclaration courte, quelques phrases, et convaincante.

Trouver l’idée phare est LA priorité.

Des fois, tu l’as en tête sans effort. Dès lors, tu vas rassembler tous les points qui concourt à cette idée phare.

Par exemple, d’autres exemples :

Idée phare n°1 → « Je connais mes priorités. Jamais les choses matérielles n’auront d’importance à mes yeux. Les choses n’ont que la valeur qu’on leur donne. »

HISTOIRE 
Généralement, les déménagements demandent une logistique sophistiquée. Il faut prévoir un camion. Des amis. Etiqueter convenablement ses affaires. Parfois, prendre soin des choses fragiles.

Pas pour moi.

A chaque déménagement, je jette ou donne la plupart de ce que j’ai. Puis, je fais mon déménagement en un trajet Uber avec une grosse valise, un sac à dos et mon PC.

Et pour les affaires ? Je les rachète et je me les fait livrer dans ma nouvelle demeure. J’économise mon temps et mon énergie. Ce sont là deux choses dont on manque le plus.

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Idée phare n°2 → « Chacune de mes affaires a une histoire. Me débarrasser d’elles, c’est comme me débarrasser d’une partie de moi. Les choses ont la valeur qu’on leur donne. »

HISTOIRE
Les déménagements sont toujours pour moi un dilemme. Quoi jeter ? Quoi garder ?

Je reste des jours à tergiverser. Parfois, la réflexion m’occupe des nuits entières. C’est épuisant.

Dois-je garder ce canapé-lit ? 
Il m’a été offert par mon papa quand j’ai quitté ma maison.

Dois-je garder mon Mac qui chauffe et bugge à longueur de journée ? 
C’est la première chose de valeur que j’ai acheté avec mes propres sous.

Mouais …

Mes affaires sont un carrousel de bons souvenirs. J’aime cette impression de faire visiter un musée quand les gens passent me rendre visite. J’ai une histoire pour chaque objet. Le déménagement sera également leur histoire.

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Donc, il faut avoir une idée phare et l’habiller de notre récit.

L’idée phare va également donner l’angle avec lequel nous allons porter l’écoute sur notre histoire afin d’en déployer les trois scènes du récit.

Je récis, tu récis, il récit

Les récits ont la particularité de s’articuler en 3 grands scènes : la scène d’exposition, la scène de conflit et la scène de résolution.

La scène d’exposition

L’histoire débute forcément avant l’évènement principal.

Une histoire qui débute après le naufrage du Titanic signifie que ce dernier n’est pas l’évènement principal de l’histoire mais un prétexte pour le débuter. C’est pour cela qu’il est dans la scène d’exposition. Il pose le contexte.

Par exemple, dans le film « Il faut sauver le soldat Ryan », l’histoire débute avec la prise de « Omaha Beach ». Cette dernière n’est pas l’évènement principal bien que la plus spectaculaire du film. Elle est un prétexte pour poser le récit dans un espace-temps très identifié.

Histoire de voir si tu suis : selon toi, c’est quoi l’idée phare de ce film ?

Oui ? Non ?

Voici la réponse :
La vie d’un seul homme, aussi inconnu soit-il, peut en valoir plusieurs. Tout le monde en ignore la valeur brute, seuls les soldats en connaissent le prix réel.

Tu dois avoir un objectif. Quelqu’il soit. Même si c’est boire de l’eau.

Au cinéma, on utilise très souvent un « MacGuffin ». C’est un objet, généralement, très obscur, dont on ne sait rien de particulier, si ce n’est que c’est important. C’est très utilisé dans le cinéma d’espionnage avec des « documents très secrets ».

On a un exemple encore plus éloquent avec Pulp Fiction.

Qui l’a vu ?

Quel est le mystérieux contenu doré dans la mallette de Marcellus Wallace ?

Tout ça pour dire qu’on s’en fout de la nature de l’objectif dès lors qu’il y en ait un. C’est un piège dans lequel tombe la plupart des débutants. Ils ne savent pas ce qu’ils veulent. Alors, comment pourraient-ils l’obtenir ? Et par conséquent, raconter l’aventure pour l’obtenir ?

Quel est ton objectif ? Pourquoi fais-tu ça ?

Le décor que tu plantes avec les différents points qu’on a vu précédemment peuvent expliquer en quoi c’est un objectif.

Ces points sont autant d’éléments moteurs du récit que de freins à celui-ci. Ils nous renseignent de tout ce qui va intervenir dans les prochaines scènes.

Le Fusil de Tchekhov

Le plus gros piège de cette partie est de tomber dans une liste de détails exhaustive. Il te faut appliquer une règle simple :

Si un détail ne fait pas avancer l’histoire, accroche-le à un poteau, bande-lui les yeux, exécute-le à la baïonnette.

Au cinéma, on utilise le principe du « Fusil de Tchekhov ». Ce principe postule que tout ce que vous exposez dans le premier acte doit être utilisé soit dans le second soit dans le dernier acte. Sinon, il n’a rien à faire là.

Pour reprendre les mots exacts d’Anton Tchekhov, cela donne :

« Supprimez tout ce qui n’est pas pertinent dans l’histoire. Si dans le premier acte vous dites qu’il y a un fusil accroché au mur, alors il faut absolument qu’un coup de feu soit tiré avec au second ou au troisième acte. S’il n’est pas destiné à être utilisé, il n’a rien à faire là. »

Le point déclencheur.

Parmi tous les points exposés, il y en a un particulier. Il est celui par lequel se lance le conflit. Il est le point déclencheur. L’imprévu qui précipite l’histoire. Il marque généralement la fin de la scène d’exposition pour introduire celle du conflit.

Dans mon récit sur « Les gars de la rue Paul », c’est le fait que ma montre tombe en panne qui déclenche tout.

Le point déclencheur baisse le rideau sur la scène d’exposition pour l’ouvrir sur la scène du conflit.

La scène où tu conflites

Pas une histoire sans conflit. En l’absence de conflit, c’est une recette de cuisine.

Comme tu le sais, sur le papier, toutes les recettes sont une réussite. C’est en cuisine qu’elles ne le sont pas. C’est en cuisine qu’elles donnent des histoires.

J’adore les histoires en cela qu’elles posent un conflit.

Bien sûr, j’utilise le terme « conflit » au sens large du terme. Et si je devais définir ça, je dirais que c’est l’ensemble des résistances que surmontent le héros pour accomplir son objectif.

J’adore les histoires à un point que je pense qu’elles devraient supplanter les plans et les stratégies. Ces derniers ont la tendance d’être linéaires.

J’ai une histoire à ce sujet.

Demande à une startup de faire son business plan ou à chef de département d’une grande entreprise de faire ses projections et généralement, cela donne une ligne droite vers le succès parce que … le plan ou la stratégie qu’ils ont élaboré ne peut pas échoué. C’est bien connu. C’est comme l’exercice que donna François Hollande à ses ministres à l’été [XXXX] : imaginer la France en 2025.

Sans exception, ils avaient tous imaginé une France radieuse, débarrassée des problèmes de chômage, d’inégalité sociale …Tout ça, grâce à leur réforme.

Personnellement, j’ai mesuré le pouvoir des histoires à travers le conflit qu’elles mettent en exergue et l’énergie qu’elles déploient à le résoudre à travers mon expérience dans une startup B2B.

Elle venait de boucler un tour de table à 240 000 euros. Nous allions ravager le marché. On avait donc, un plan de développement que ce soit commercial ou technique parfait. Tout était au poil. Tous les signaux étaient au vert.

Pourtant, 5 mois après, je démissionnais et tous les commerciaux étaient virés.

Que s’est-il passé ?

La réalité. Nous sommes entrés en conflit avec la réalité.

La réalité, c’est que les clients ne nous connaissaient pas. Malgré la qualité de notre produit, un bon produit ne se vend pas sans bâtir un lien de confiance avec celui-ci.

Pour qu’un client achète notre produit, il fallait qu’on garantisse sa promotion, son augmentation ou les louanges de sa direction derrière.

Tout le monde n’est pas prêt à faire peser sa carrière avec une startup.

Ce fut une leçon commerciale également. Malgré le meilleur produit qui soit, la confiance se gagne en goutte. Jamais en litre.

Dans nos scénarios de croissance, nous n’avions jamais prédit que le produit ne se vendrait pas. D’ailleurs, qui le ferait ?

Tu ne fais pas un produit pour pas qu’il se vende. Ce serait absurde.

Mais jamais, nos plans n’avaient pris la mesure des conflits et des obstacles que nous devrions surmonter.

Tu vas peut être me rire au nez.

En effet, tu vas me rétorquer : « Mais pourquoi vous avez pas fait un SWOT ? »

Nous l’avons fait. Nous l’avons fait comme nous le faisons à l’école. C’est à dire comme une liste de course. Nous avions listé tous les obstacles. Mais à quoi bon ? Ils allaient s’effacer devant notre stratégie.

Et comme toi, j’avais appris que la stratégie est un « ensemble d’actions coordonnées, d’opérations habiles, de manœuvres en vue d’atteindre un but précis ».

Mais …

La réalité mange la stratégie à son petit déjeuner …avec des biscottes.

Si tu veux que ta stratégie soit un succès, plante des navets. Pour reprendre un conseil de Kaamelott.

Cette expérience startup m’a illuminé sur un point : les histoires sont plus efficaces que les plans.

Et puis …

Les meilleures stratégies sont élaborées rétrospectivement. Du coup, ce n’est plus une stratégie. Cela devient de l’Histoire.

Tout ça pour dire : ne néglige pas le conflit.

Et si tu n’en as pas, crée-le !

Le conflit exerce un point tension sur l’histoire.

C’est bon ?

On a le décor. Tous les points sont posés. Nous savons qu’ils vont rentrer en collision.

Allez, on y va !

Dans cette partie, une pluie de déconvenues, de frustrations, de déceptions, d’obstacles …te tombent dessus. Et tu n’as pas le bon parapluie pour t’en protéger. Alors, tu as plusieurs possibilités : la fuite ou la lutte.

Je te le dis tout de suite : la fuite n’est pas une alternative.

Alors, tu as le choix entre la lutte et la lutte.

Quoiqu’il arrive, tu seras insuffisamment préparé, tu manques de ressources, tu manques de temps, tu manques même, parfois, de confiance en toi …Pourtant, tu y vas quand même.

L’histoire prend son sens à ce moment là.

L’histoire va raconter comment avec rien ou très peu, tu as fais énormément. Plus précisément, tu as fais briller le soleil à travers les nuages.

Comment tu as réussi à faire atterrir un hélicoptère dans l’oeil d’un cyclone tout en manoeuvrant au scalpel dedans. Donc, il te faut te décider vite et bien.

C’est fait exprès !

Il y aura toujours une contrainte. Que dis-je « une » ? Tu seras ligoté par les contraintes mais tu vas t’en sortir. Les gentils gagnent toujours à la fin. C’est bien connu.

Alors, identifie-bien ton conflit. Dans mon histoire, « Les gars de la rue Paul », le conflit est le fait que je considère que « lire un livre est pire que l’ennui ».

Maintenant, si tu n’as pas de conflit, crée-le de toute pièce.

La société ePrize était tellement archi-dominante sur son secteur qu’elle s’invente une société concurrente pour pouvoir s’inventer UNE histoire épique.

La plus grande majorité des histoires, au fond, se résume à : le héros vainc l’adversaire.

Quand je parle de conflit, j’oublie de dire entre qui ? quoi ?

Déjà, cela suppose un adversaire. Il peut être de chair et d’os mais aussi être métaphorique.

L’adversaire dans le Titanic, ce n’est pas l’iceberg, c’est l’écart social entre les personnages.

Dans mon histoire, c’est mon préjugé des livres.

Dans ton histoire, choisis-ton adversaire, amène-nous jusqu’au point culminant de l’affrontement puis dénoue tous les noeuds dans la scène de la résolution.

La scène de résolution finale

C’est le cerisier sur le gâteau.

Autant te le dire tout de suite, tu n’as pas intérêt à la foirer cette partie. Bien sûr, si t’as foiré les deux précédentes, tu peux revoir ton exigence à zéro. Par contre, si les deux précédentes sont une réussite, alors l’attente pour celle-ci est grande.

Tu ne peux pas conclure un festin de roi avec un artichaut.

Maintenant, dans cette partie, j’ai très peu de choses à dire. Mais le peu que j’ai à dire vaut largement le silence pour m’écouter.

Cette scène commence au point culminant de l’histoire. C’est là où le héros défie pour la dernière fois son adversaire et triomphe, souvent, contre toute attente.

Ce triomphe peut être total ou amer. Tu choisis. C’est toi le scénariste.

Derrière, tous les conflits se désamorceront progressivement.

MAIS

…on peut toujours mettre une dernière surprise dans cette partie.

Une sorte de finition à l’allemande histoire de faire épouser les plus belles lignes.

Alors, comme je suis dans mon récit actuel, dans cette scène de résolution. Je vais te faire une surprise. Je vais te donner le dernier conflit à désamorcer. Comme dans un tour de prestidigitation, il est essentiel mais invisible à l’oeil nu. C’est le conflit entre ce dont tu as envie et ce dont tu as besoin.

Ai-je vraiment envie de jeu vidéo ? Non. J’ai besoin de tromper l’ennui. Lire se révèlera un excellent antidote en dépit de mes préjugés.

T’as envie un hamburger ? Ce dont tu as vraiment besoin, c’est de manger à ta faim. Une salade composée te conviendra aussi.

T’as envie d’avoir le contrôle sur tout ? Ce dont tu as besoin, c’est à apprendre à lâcher prise.

T’as envie d’être seul ? Ce dont tu as besoin, c’est d’apprendre la compagnie d’autres personnes.

Dès lors, résoudre ce conflit entre besoin et envie va révéler ton idée phare, l’enseignement, la morale à ton histoire à travers les péripéties que tu as vécues.

Alors, tout deviendra une évidence. C’est avec elle que ton public va se connecter. Ils feront résonner ainsi ton histoire avec leurs propres expériences. Une partie de ton histoire deviendra la leur.

Et tous ces points qui émergent, entrent en collision, se connectent enfin n’ont de conclusion que si ils permettent, justement, aux gens de se connecter à ton histoire et par extension, de se connecter à toi.

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