Il suffit de gagner une seule fois

Nous ne jouons pas un championnat avec un classement selon le nombre de victoires ou de défaites. Nous jouons un jeu où une seule victoire suffit pour qu’elle soit à vie.

Il suffit de gagner une seule fois.

Bien sûr, les notions de défaites et de victoires sont toutes relatives. À chacun correspond sa conception de victoires et de défaites. Ceci dit, il ne faut pas craindre les défaites, elles sont normales.

Nous ne faisons que ça, perdre.

Combien de relations merdiques avant de trouver les bonnes ?
Combien de boulot sans intérêt avec d’avoir le bon ?
Combien de brouillon avant de publier ?
Combien de chutes avant de rouler à deux sur deux roues ?

Mais …il suffit de gagner une seule fois.

Comme chercher l’interrupteur dans le noir. D’abord, tu tâtonnes sur le mur, le mobilier et une fois que tu trouves l’interrupteur, tu as la lumière pour le temps dont tu as besoin.

Il ne faut alors pas craindre les défaites. Il faut craindre d’abandonner.

Nous jouons à un jeu vidéo. Tant que tu n’as pas terminé un niveau, tu dois le recommencer pour enfin passer au suivant. Une fois le niveau fini, il est fini à vie. Tu n’as plus à t’en préoccuper.

Par contre, à chaque niveau passé, cela devient de plus en plus dur. Un peu plus dur, ne veut pas dire impossible. C’est juste un peu plus dur. C’est normal. C’est à cela qu’on reconnait un bon jeu vidéo.

Il ne faut pas s’arrêter de jouer sous prétexte que l’on perd. Il faut s’arrêter de jouer car nous sommes satisfaits du niveau que nous avons atteint ou du chemin parcouru. Sinon, c’est un abandon.

L’abandon n’est pas une défaite.

L’abandon est un choix. Une défaite est une conséquence. Une conséquence normale à nos attentes.

Quelles que soient nos attentes, celles-ci sont faites pour provoquer des résistances. Des résistances dont il faut se défaire.

Chaque Batman crée son propre Joker.

Autrement dit, quelles que soient tes attentes, tu crées un antagoniste métaphorique, aussi puissant que toi, pour t’empêcher de réaliser ce que tu veux réaliser.

Même si c’est une omelette.

Cet antagoniste ce peut être une combinaison de ton manque de confiance en toi, des autres, de tes peurs, de tes culpabilités …

Et pourtant, cet ennemi aussi puissant que toi, tu vas devoir le vaincre pour faire ton omelette. Donc, tu vas devoir progresser suffisamment pour t’en défaire.

S’il est vaincu une seule fois, il l’est à vie.

Avec de plus hautes attentes, il n’y a aucun moyen d’éviter les défaites. Plus hautes sont les attentes et plus les défaites sont nombreuses. Dès lors, si nous visons haut, nous allons perdre, perdre et re-perdre afin de continuer à progresser.

À la fin, il suffit seulement de gagner une fois.

La bonne nouvelle, c’est que nous pouvons supporter toutes les défaites nécessaires. Nous en avons l’énergie. Nous ne sommes pas des piles, nous sommes des générateurs. Nous n’avons pas une énergie à usage unique. Nous sommes en mesure d’en produire régulièrement.

Nous pouvons alors répéter encore et toujours les efforts. Puis, nous ne pouvons les répéter sans progresser. Cela fait partie de notre nature d’apprentissage. Il suffit de les répéter encore et encore jusqu’à gagner une fois.

Une seule fois puisque par la suite, il ne s’agit plus de progresser mais de profiter. Il ne s’agit plus de conquérir mais de régner.

Et ça, c’est une autre histoire 🙂

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